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Retrait des bus de plus de 25 ans : Les associations de consommateurs applaudissent

Trois mois pour retirer tous les bus de plus de 25 ans du parc national : l’injonction du président Abdelmadjid Tebboune, lancée dimanche lors du Conseil des ministres, a suscité un accueil favorable des associations de protection du consommateur, qui y voient une avancée réelle tout en rappelant que le renouvellement du matériel roulant ne suffira pas à réformer un secteur en souffrance chronique. La décision présidentielle intervient dans un contexte marqué par une succession d’accidents de la route impliquant des véhicules de transport en commun vétustes, dont le dramatique accident de bus survenu récemment en Tunisie, qui avait conduit Tebboune à adresser ses remerciements au personnel médical algérien ayant pris en charge les blessés rapatriés vers les hôpitaux d’Annaba et d’El Tarf. Elle s’inscrit par ailleurs dans la continuité du programme d’importation de 10 000 bus neufs, dont la réception se poursuit depuis février dernier, destiné à régénérer un parc dont l’état de délabrement est régulièrement dénoncé par les usagers.

Zaki Hariz, président de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), a qualifié la mesure de « judicieuse », estimant qu’elle est « susceptible de renforcer la sécurité des routes à travers tout le territoire national ». Mais il a immédiatement encadré son approbation d’une mise en garde : le retrait des vieux véhicules ne peut produire ses effets que s’il s’accompagne d’une réforme plus large. « Parallèlement au retrait des véhicules anciens, il convient de réformer le secteur dans le cadre d’un programme global reposant sur la formation et la qualification de tous les intervenants dans cette activité, notamment les conducteurs », a-t-il déclaré à l’APS. Il a également insisté sur la nécessité d’« améliorer les services de transport public urbain et suburbain et de renforcer la disponibilité des bus, notamment dans les régions urbaines », plaidant pour la création de nouvelles sociétés afin de « mieux organiser et gérer le secteur ».

Le constat est partagé par Mustapha Zebdi, président de l’Association nationale de protection et d’orientation du consommateur et son environnement (APOCE), qui a lui aussi salué la décision tout en posant la question des alternatives. « Le renouvellement du parc national des bus est devenu une nécessité », a-t-il affirmé, ajoutant que la mesure est « à même de garantir la sécurité des citoyens et d’améliorer les conditions de leur transport ». Il a cependant insisté sur l’importance de « trouver des alternatives permettant de renforcer le parc national de transport public de voyageurs, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, à travers l’acquisition de nouveaux bus », ce qui, selon lui, « contribuera à l’organisation et à la professionnalisation de cette activité ».

Lyna Larbi

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