Cisjordanie occupée : L’ONU documente un nettoyage ethnique méthodique
L’ONU tire la sonnette d’alarme. En Cisjordanie occupée, le nombre de Palestiniens déplacés par les forces et les colons de l’occupation sioniste a atteint, depuis le début de l’année 2026, un niveau sans précédent depuis 17 ans : 160 personnes chassées de leurs foyers chaque mois, soit le double de la moyenne mensuelle enregistrée en 2022. Des chiffres bruts, derrière lesquels se dessine, avec une précision clinique, la logique d’un nettoyage ethnique en cours. Dans son dernier rapport rendu public lundi à New York, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) déplore que « plus de 620 Palestiniens aient été déplacés dans toute la Cisjordanie depuis le début de l’année », précisant qu’il s’agit là d’une moyenne mensuelle supérieure à tout ce qui a été enregistré depuis que l’agence a commencé à recenser les déplacements, en 2009. Le mécanisme est bien rodé : les maisons sont démolies, principalement en zone C et à El-Qods-Est, là où le régime sioniste d’urbanisme et de zonage interdit toute construction palestinienne, condamnant les familles à choisir entre l’illégalité administrative et l’exil. Le calendrier de cette violence n’est pas celui de l’improvisation. Entre le 21 et le 27 avril, l’OCHA a recensé au moins cent raids, perquisitions et opérations militaires menées par les forces de l’occupation dans les gouvernorats d’El-Qods et de Naplouse, entraînant détentions massives, évacuations forcées et bouclages prolongés. Pendant ce temps, les colons s’attaquent aux écoles dans les zones rurales, achevant de convaincre les familles qu’il n’y a plus rien à défendre sur place. La pression est totale, et elle est délibérée.
À Ghaza, le tableau n’est pas moins accablant. L’enclave palestinienne, que l’agression sioniste génocidaire menée depuis octobre 2023 a réduite à un champ de ruines, tente de survivre sous un blocus qui s’apparente, selon les humanitaires, à une arme de guerre à part entière. L’entrée des générateurs, de l’huile moteur et des pièces détachées reste soumise aux restrictions imposées par les autorités sionistes, provoquant des pannes en cascade dans les hôpitaux, les réseaux d’eau et d’assainissement, et entravant la mobilité des équipes de secours. « Les systèmes critiques tombent désormais en panne », a alerté l’OCHA, précisant que les solutions de fortune utilisées jusqu’ici pour pallier la pénurie ne sont plus viables. C’est dans ce contexte d’effondrement sanitaire organisé que le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a révélé lundi que plus de 6 600 habitants de Ghaza ont besoin de prothèses et de soins de rééducation. Un amputé sur cinq est un enfant. Seuls huit techniciens spécialisés sont actuellement en mesure d’intervenir sur le terrain. À ce rythme, répondre aux seuls besoins actuels pourrait prendre « cinq ans ou plus », a-t-il averti, tandis que les restrictions sionistes continuent de bloquer l’acheminement du matériel médical indispensable. Le bilan humain de cette agression génocidaire, communiqué mardi par les autorités sanitaires palestiniennes, s’élève désormais à 72 615 martyrs et 172 468 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 834 Palestiniens supplémentaires sont tombés en martyrs et 2 365 autres ont été blessés. Des dizaines de corps se trouvent encore sous les décombres.
L.S.

