Natation africaine : L’Algérie bientôt centre de préparation du continent
En marge du 17ème Championnat d’Afrique de natation organisé à Oran, la Fédération algérienne des sports aquatiques a signé samedi soir deux accords de coopération avec les fédérations du Niger et d’Afrique du Sud. Mais l’annonce qui a retenu l’attention est venue du président de la Confédération africaine des sports aquatiques : une réflexion est en cours pour installer en Algérie un centre continental de préparation destiné aux athlètes du continent. C’est Mohamed Diop, président de la Confédération africaine des sports aquatiques, qui a lâché l’information en marge des cérémonies de signature. Il a indiqué qu’« une réflexion est en cours en vue de la création, en Algérie, d’un centre africain de préparation destiné aux athlètes du continent », ajoutant que « ce type d’initiatives contribuerait au développement de la natation africaine ». Oran, qui dispose depuis les Jeux méditerranéens 2022 d’infrastructures aquatiques parmi les plus modernes du continent, s’imposerait naturellement comme site d’accueil. Rien n’a encore été formalisé, mais que le président de la Confédération africaine formule publiquement ce projet n’est pas anodin.
C’est dans ce contexte que les deux accords signés samedi prennent tout leur sens. Le premier lie la Fédération algérienne des sports aquatiques à la Fédération nigérienne de natation. Paraphé par les présidents respectifs, Nacereddine Zahafi et Daouda Amadou, il prévoit l’accueil de nageurs nigériens en Algérie pour des stages de préparation, l’accès aux infrastructures sportives nationales et l’échange d’expertises techniques. Zahafi a précisé que cette convention vise à « soutenir le développement de la natation en Afrique, particulièrement au Niger, à travers l’exploitation des complexes sportifs algériens, l’organisation de regroupements préparatoires et l’échange d’expertises techniques ». Son homologue nigérien a qualifié l’accord d’« historique », estimant qu’il représente « une opportunité majeure pour le développement de la natation » au Niger, grâce « aux moyens logistiques dont dispose l’Algérie ainsi qu’à son expérience reconnue en matière de formation ».
Le second accord, conclu avec la Fédération sud-africaine de natation, repose sur les mêmes piliers — coopération technique, stages conjoints, partage d’expériences — mais avec une logique différente. L’Afrique du Sud figure parmi les nations les plus titrées de cette 17ème édition du championnat continental. Zahafi l’a reconnu sans détour, soulignant que ce partenariat « permettra également à l’Algérie de tirer profit de l’expérience sud-africaine ». Les deux fédérations envisagent des stages communs en vue des prochaines échéances internationales : les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026, les Jeux méditerranéens et, horizon plus lointain, les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Alan Fritz, président de la Fédération sud-africaine, a insisté de son côté sur « l’importance de cet accord pour le renforcement des échanges d’expériences et de la coopération sportive entre les deux pays ». Deux accords en une soirée, un projet de centre continental dans les tuyaux : la Fédération algérienne des sports aquatiques entend manifestement peser sur l’échiquier africain bien au-delà des couloirs de nage. Le 17ème Championnat d’Afrique de natation d’Oran aura été, pour elle, bien plus qu’une compétition.
M.D.

