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Algérie-France : Alice Rufo évoque des « pistes concrètes » pour relancer la relation bilatérale

La ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants Alice Rufo a été reçue samedi en audience par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, au terme d’une journée chargée qui l’avait conduite, la veille, à Sétif pour les commémorations du 8 mai 1945. À l’issue de l’entretien, elle a qualifié les échanges de « constructifs » et annoncé des avancées sur plusieurs dossiers sensibles.

La responsable française avait fait le déplacement à la demande expresse d’Emmanuel Macron. « Les entretiens que j’ai eus avec le président de la République ont été constructifs et ont fait suite à la visite que j’ai effectuée, à la demande du Président Macron, hier à Sétif, pour commémorer, aux côtés de l’Algérie, les évènements tragiques qui se sont produits le 8 mai 1945 », a-t-elle déclaré au sortir de l’audience. Elle a tenu à saluer l’accueil reçu dans la ville martyre : « J’ai été très touchée par l’accueil qui m’a été réservé à Sétif, un accueil chaleureux que nous avons senti, moi-même et toute la délégation, avec émotion. Et nous savons évidemment ce que la tragédie représente pour le peuple algérien. » Sur le fond politique, Alice Rufo a transmis un message de Paris. « Le Président Macron m’avait chargée d’exprimer sa détermination à trouver ensemble les voies et moyens de réengager entre nos deux pays une relation respectueuse, d’égal à égal, apaisée et confiante », a-t-elle indiqué.

Les discussions ont couvert un spectre large, calé sur les tensions du moment. Alice Rufo a précisé avoir abordé avec le chef de l’État les relations bilatérales « dans le contexte de tensions internationales, à la fois au Moyen-Orient, dans le Détroit d’Ormuz, mais aussi au Sahel, avec la crise mondiale de l’énergie et tous les enjeux dans la région méditerranéenne », estimant qu’un dialogue « construit et nourri » s’impose entre les deux capitales.

La coopération sécuritaire a occupé une place centrale. La ministre avait rencontré dans la matinée le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire et ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale. Un volet qu’elle a décrit comme « très important dans un contexte africain et international marqué par une déstabilisation ». La question migratoire a également figuré à l’ordre du jour. « La France se félicite de la reprise de cette coopération après la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en Algérie », a-t-elle dit, avant d’évoquer des pistes pour « intensifier cette coopération, notamment dans le domaine judiciaire et de la lutte contre le narcotrafic » — un volet « très important pour nos deux pays ».

Sur l’histoire, qui reste le terrain le plus miné entre Paris et Alger, Alice Rufo a annoncé une avancée. « Le Président Macron entend regarder notre histoire avec lucidité, courage et vérité », a-t-elle affirmé. Et d’ajouter : « Nous avons discuté aussi de la commission mixte d’histoire et de mémoire qui avait été mise en place, et le Président Tebboune a marqué son accord pour reprendre, sans délai, le travail de cette commission. » Une annonce attendue, dans un contexte où la question mémorielle a régulièrement bloqué la normalisation des liens entre les deux pays. Alice Rufo a conclu en fixant un cap : « Notre objectif est d’obtenir rapidement des résultats. Nous avons donc discuté de pistes concrètes pour que les mois à venir soient utiles aux intérêts et aux relations entre l’Algérie et la France. » Elle était accompagnée dans cette visite de l’ambassadrice de France en Algérie.

Chokri Hafed

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