Culture

Timgad renoue avec les foules : La ville de Trajan attire à nouveau les visiteurs

Au pied des Aurès, la cité romaine de Timgad retrouve ses visiteurs. Depuis le début de l’année 2026, le site archéologique de Thamugadi, fondé il y a près de vingt siècles par l’empereur Trajan et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, enregistre une affluence en nette hausse, portée par un intérêt renouvelé des Algériens pour leur patrimoine antique et par un flux de touristes étrangers en progression.

Chafik Boughrara, directeur du musée et du site de Timgad, en dresse le constat. Interrogé jeudi par l’APS, le responsable, qui supervise également les sites de Zana, Tazoult et Imedghassen, décrit une fréquentation en constante progression depuis janvier. « L’antique Thamugadi connaît une affluence croissante de visiteurs, notamment durant les week-ends, ayant accueilli depuis le début du mois de janvier dernier des milliers de visiteurs nationaux, de différentes wilayas, et des touristes étrangers de nombreuses nationalités », précise-t-il. Le site, situé à 35 kilomètres de Batna, attire ainsi bien au-delà de la seule région des Aurès.

Ouverte tout au long de l’année, la cité antique ne vit pas au ralenti hors saison. Les week-ends, les familles et les groupes scolaires s’y succèdent, souvent venus de wilayas éloignées. Les touristes étrangers, moins nombreux mais présents, ajoutent à cette atmosphère une dimension internationale que le site n’avait pas connue depuis longtemps à cette fréquence. Boughrara ne cache pas sa satisfaction, mais il reste factuel : les chiffres parlent, les efforts aussi.

Car derrière l’affluence, un travail de fond est en cours. La direction du site a engagé des démarches concrètes pour améliorer l’accueil des visiteurs. Des espaces de repos ont été aménagés à l’intérieur du périmètre archéologique, une attention pratique qui change la visite pour les familles avec enfants ou les personnes âgées. « Une étude a été réalisée par un bureau spécialisé dans le cadre des efforts destinés à encourager l’afflux de visiteurs », indique Boughrara, sans en préciser encore les conclusions, l’étude étant toujours en cours d’exploitation.

La restauration et la sécurisation du musée, qui abrite à l’entrée de la ville antique une collection de mosaïques et de pièces archéologiques rares, figurent également au programme. Les études afférentes à ces chantiers sont finalisées, et une seconde étude, actuellement en cours, doit permettre de définir un plan global de mise en valeur du site, intégrant le musée et ses œuvres. Des travaux attendus, compte tenu de l’état de certaines structures et de l’exigence croissante d’un public de plus en plus informé.

Timgad n’est pas un site ordinaire. Fondée vers l’an 100 après J.-C. sous le règne de l’empereur Trajan pour accueillir les vétérans des légions romaines, la ville a été conçue selon un plan orthogonal d’une rigueur presque mathématique : rues perpendiculaires, forum central, thermes, capitole, théâtre. Ensevelie sous le sable des siècles, la Pompéi d’Afrique du Nord » comme on la surnomme a resurgi en grande partie intacte, ce qui lui vaut d’être considérée comme l’un des exemples les mieux conservés d’urbanisme romain en Afrique du Nord. L’UNESCO l’a inscrite sur sa liste du patrimoine mondial en 1982.

Aujourd’hui, la question n’est plus seulement de préserver. Il s’agit aussi de faire venir, d’expliquer, de rendre le site lisible pour un public qui arrive parfois sans clés de lecture. Le travail engagé par Boughrara et ses équipes va dans ce sens : documenter, restaurer, aménager. Timgad mérite mieux qu’une visite distraite entre deux photos. Et visiblement, les visiteurs commencent à le sentir.

Mohand Seghir

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *