Football des jeunes : Constantine et Oran en fête
Ce week-end, deux villes, deux tournois, une même ambition. Pendant que Constantine accueille la deuxième édition du Festival du football féminin U14 au complexe Abdelhamid-Dammache, Oran abrite de son côté la troisième édition du Tournoi national des jeunes talents U15. Deux compétitions distinctes, un fil conducteur : l’avenir du football algérien se construit aussi sur ces terrains-là, loin des projecteurs de l’élite.
À Constantine, la première journée a suffi pour dégager les huit qualifiées aux quarts de finale. La JS Kabylie, le CF Akbou 1, le CS Constantine, l’USM Khenchela, le FC Béjaïa, le MC Oran, le CF Soummam et le Club Tiaret ont validé leur ticket à l’issue de la phase de groupes. Douze clubs répartis en trois poules s’affrontent sous forme de mini-championnat : les deux premières de chaque groupe passent, ainsi que les deux meilleures troisièmes. Un format simple, lisible, qui a visiblement bien fonctionné côté ambiance.
Ce qui frappe dans cette édition, c’est la présence en tribunes. Nedjma Derradji, membre du Bureau fédéral et présidente de la commission du football féminin à la FAF, avait fait le déplacement. Avec elle, le Directeur technique national Ali Moucer, le sélectionneur de l’équipe féminine A Farid Benstiti, et plusieurs cadres des sélections nationales féminines de jeunes. Des visages qui comptent dans l’organigramme du football algérien, et qui n’étaient pas là par hasard. Observer, évaluer, préparer. Le festival U14 est aussi un outil de détection.
À Oran, même logique, autre contexte. Vingt rencontres ont été jouées samedi sur quatre stades — Habib-Bouakeul, Bethioua, El Kerma et Benokba — dans ce qui constitue le premier tour du tournoi U15. Chaque sélection de wilaya a disputé deux matchs lors de cette journée inaugurale. Le niveau technique observé a été jugé appréciable, l’engagement des équipes remarquable. Ce sont des formules consacrées, certes, mais elles correspondent ici à quelque chose de réel : des gamins de quinze ans qui jouent avec leur place en sélection dans un coin de la tête.
Car c’est bien l’enjeu de ce tournoi organisé par la DTN. Les cadres techniques nationaux étaient présents en nombre dans les travées, non pour applaudir, mais pour travailler : observer les profils, identifier les joueurs susceptibles d’intégrer l’ossature des futures sélections de jeunes. C’est ainsi que fonctionne la détection dans sa version la plus concrète : pas un casting, plutôt un examen à ciel ouvert où chaque match est une donnée supplémentaire.
La FAF et la DTN élargissent leur filet, multiplient les occasions de voir jouer ceux qui, dans cinq ou dix ans, porteront peut-être le maillot vert en compétition officielle. Rien n’est garanti, bien sûr. Mais les fondations se posent maintenant, sur des terrains souvent ingrats, devant des tribunes encore trop clairsemées. C’est là que tout commence.
M.D.

