À la UneActualitéPolitique

Le début de la campagne électorale fixé au 9 juin : Législatives, le compte à rebours lancé

Le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections, Karim Khelfane, a annoncé que la date de lancement officiel de la campagne électorale pour les législatives du 2 juillet 2026, est fixée pour le mardi 9 juin, soit trois semaines de campagne jusqu’au 28 juin. Il a par ailleurs annoncé que le tirage au sort déterminant la répartition des temps de parole dans les médias publics se tiendra dès samedi prochain, le 6 juin, en présence des représentants des partis et des candidats indépendants. Plus de trois mille dossiers de candidature ont été rejetés à l’issue de l’examen des listes — un chiffre qui suscite des interrogations auxquelles Khelfane a tenté d’apporter des réponses.

C’est sur les ondes de la Radio nationale que le responsable de l’ANIE a déroulé, mardi matin, le calendrier politique des prochaines semaines. La campagne électorale pour les élections législatives anticipées du 2 juillet s’étalera sur vingt jours, du 9 au 28 juin. Avant même son lancement, une étape technique s’impose : le samedi 6 juin, l’ANIE procédera au tirage au sort pour l’attribution des créneaux horaires réservés aux partis politiques et aux listes indépendantes dans les médias audiovisuels publics — radio et télévision nationales. Cette opération, conduite en présence des acteurs concernés, vise à garantir, selon Khelfane, « l’égalité entre tous les participants à ce scrutin ».

Nouveauté de cette édition : pour la première fois, les radios locales seront associées à la couverture de la campagne électorale. L’initiative élargit l’espace d’expression des candidats au-delà des seuls médias centraux, leur offrant un accès direct aux audiences des différentes wilayas. Une mesure qui répond à des critiques récurrentes sur la concentration des plateformes d’expression autour de la Capitale.

Plus de 3 000 dossiers rejetés

C’est le point qui a le plus retenu l’attention. Sur l’ensemble des listes déposées, environ 30 % ont été rejetées à l’issue de l’examen des dossiers de candidature — un taux élevé qui a alimenté la polémique dans les rangs des partis et parmi les candidats indépendants. Khelfane a assumé le bilan sans détour, en en imputant la responsabilité aux candidats eux-mêmes : « Plusieurs partis politiques et listes indépendantes n’ont pas bien assimilé les nouvelles dispositions de la loi organique relative aux élections. »

Les motifs de rejet sont, selon lui, à la fois techniques et légaux. L’article 200 de la loi organique impose aux listes de respecter un quota minimum d’un tiers de femmes, une représentation significative des jeunes de moins de 40 ans, ainsi qu’une proportion de candidats titulaires de diplômes universitaires. À cela s’ajoutent des exigences de forme : la régularité des formulaires individuels, la conformité des signatures de parrainage — chaque signature devant être accompagnée de données exactes et provenir d’un électeur inscrit sur les listes électorales —, et la régularisation de la situation vis-à-vis du service national. Khelfane a été précis sur ce point : « Les dossiers ont été rejetés pour divers motifs, notamment le non-respect du quota réservé aux jeunes, du seuil minimum de représentation des femmes, des conditions relatives au niveau universitaire ou à la régularisation de la situation vis-à-vis du service national. »

L’examen des formulaires a été conduit « au cas par cas », a-t-il tenu à préciser, donnant lieu à l’établissement de procès-verbaux d’acceptation ou de rejet. Les candidats dont les dossiers ont été écartés ont bénéficié d’un délai pour présenter des remplaçants, et le 6 juin constituera la date limite pour le dépôt des dossiers de substitution. L’ANIE statuera ensuite sur leur conformité avant que s’ouvre la phase des recours, laquelle prendra fin le 16 juin.

Des recours garantis, les nouvelles wilayas mobilisées

Le rejet d’un dossier n’équivaut pas à une exclusion définitive. Khelfane l’a rappelé avec insistance : tout candidat écarté dispose d’un droit de recours devant les tribunaux administratifs en première instance, puis devant les tribunaux d’appel. « Ce processus judiciaire garantit les droits de ceux qui souhaitent se présenter aux prochaines échéances électorales », a-t-il souligné. Sur le plan organisationnel, le suivi des recours est assuré avec le concours des coordinateurs de l’ANIE à l’intérieur du pays et à l’étranger. Khelfane a par ailleurs tenu à rassurer sur la préparation des nouvelles wilayas — créées dans le cadre du redécoupage administratif de 2021 — indiquant qu’elles ont « démontré une pleine disponibilité à assurer le bon déroulement du processus électoral », comme ont pu le constater les membres du Conseil de l’ANIE lors de leurs visites de terrain.

L’institution, dont le Conseil siège en « session ouverte » depuis la convocation du corps électoral, entend clore cette phase de traitement des candidatures dans les délais, avant que ne s’engage pleinement, le 9 juin, la dernière ligne droite du scrutin.

Hocine Fadheli

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *