L’étude technique finalisée : La ligne ferroviaire In Salah-Tamanrasset prend forme
L’Algérie avance dans son ambition de relier le Grand Sud au reste du pays par le rail. L’étude technique de la future ligne ferroviaire entre In Salah et Tamanrasset, longue de 680 kilomètres, vient d’être bouclée. C’est ce qu’a annoncé mercredi à Oran Kherfi Djamel-Eddine, chef du département Développement à la Société d’Etudes Techniques de Sétif, filiale du Groupe d’Etudes, d’Ingénierie, de Contrôle et d’Assistance (GEICA), en marge de la deuxième édition du Salon international de l’industrie et des infrastructures ferroviaires Algeria Rail Expo 2026, qui se tient au Centre des conventions Mohamed-Benahmed. L’annonce est loin d’être anodine. Ce tronçon s’inscrit dans le projet de la grande ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, un chantier qui, s’il aboutit, changerait en profondeur les conditions de vie dans les wilayas du sud du pays, enclavées depuis toujours. Le responsable a précisé à l’APS que le dossier d’étude a d’ores et déjà été remis à l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires, l’ANESRIF, qui prendra le relais pour le suivi et la réalisation du projet une fois l’entreprise chargée de l’exécution sélectionnée. Autrement dit, le projet entre dans sa phase opérationnelle. Il ne manque plus que l’attribution du marché.
Le tracé tel que prévu par l’étude dessert huit grandes gares, réparties sur l’ensemble du parcours, dont In Salah, Arak, Moulay-Lahcene, In-M’Guel, Tit et Tamanrasset. C’est un territoire immense, souvent oublié des grandes infrastructures nationales, qui se retrouve concerné par ce projet. Le chantier impliquera la construction d’ouvrages d’art d’une envergure inhabituelle pour une ligne intérieure algérienne. Kherfi Djamel-Eddine a évoqué « de grands ponts totalisant une longueur d’environ 11 km », auxquels s’ajoutent quelque 65 ouvrages de moindre taille, passages supérieurs et inférieurs inclus, destinés à sécuriser les croisements entre la voie ferrée et le réseau routier.
Sur le fond stratégique du projet, le responsable ne cache pas son importance. Il a mis en avant le fait que cette ligne « contribuera fortement au désenclavement des régions du Grand Sud et à la facilitation des déplacements », tout en rappelant sa « dimension économique et commerciale pour les pays voisins de la région du Sahel. » Les pays du Sahel, enclavés eux aussi, pourraient ainsi bénéficier d’un accès indirect aux infrastructures portuaires algériennes via ce corridor ferroviaire, une perspective qui intéresse depuis longtemps les partenaires régionaux de l’Algérie. GEICA, le groupe qui a réalisé cette étude, n’en est pas à son coup d’essai dans le ferroviaire. Il a déjà travaillé sur des projets structurants comme la ligne minière Gara Djebilet-Béchar-Oran et la ligne Tébessa-Annaba, deux axes qui alimentent les exportations algériennes de minerai de fer. Quatre bureaux d’études et quatre laboratoires de contrôle à l’échelle nationale composent ce groupe, ce qui lui confère une capacité technique réelle pour ce type de commande publique d’envergure.
L’annonce intervient dans un contexte d’effervescence sectorielle. Algeria Rail Expo 2026, inaugurée par le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Djamel-Eddine Abdelghani Dridi, réunit cette année près de 40 exposants. Entreprises publiques nationales comme la SNTF, les groupes Cosider et GICA, mais aussi des sociétés étrangères venues d’Autriche, d’Allemagne, de Chine, d’Italie et d’Egypte. Sept pays représentés, ce qui témoigne de l’intérêt que suscite désormais le marché ferroviaire algérien à l’international.
Samir Benisid

