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Petkovic après la défaite face à l’Argentine : « La différence de niveau était évidente »

L’Algérie a entamé sa Coupe du monde 2026 par une correction. Mardi soir, face à l’Argentine championne du monde en titre, les Fennecs se sont inclinés 3 à 0, terrassés par un Lionel Messi en état de grâce, auteur d’un triplé qui a mis fin à tout suspense bien avant le coup de sifflet final. Une entrée en matière brutale, que ni Vladimir Petkovic ni ses joueurs n’ont cherché à minimiser au moment de s’exprimer devant les caméras.

Le sélectionneur national a été le premier à prendre la parole, et il n’a pas tourné autour du pot. « L’Argentine a été meilleure que nous aujourd’hui. La différence de niveau était évidente », a-t-il admis d’emblée, sans fioritures ni langue de bois. Petkovic a expliqué avoir arrêté son onze de départ sur la base des performances observées à l’entraînement, mais la réalité du terrain a vite rattrapé les plans. L’Albiceleste a su trouver les failles dans un dispositif algérien qui a montré ses limites face à l’intensité et à l’intelligence collective de l’équipe de Scaloni. « Nous avons laissé des espaces à notre adversaire et nous lui avons permis d’inscrire le deuxième but », a regretté le coach helvético-bosnien, pointant du doigt une indiscipline tactique qui a offert à Messi et ses coéquipiers exactement les couloirs dont ils avaient besoin. La seconde période n’a pas arrangé les choses. Les changements opérés par Petkovic n’ont pas produit l’électrochoc escompté. « Les remplacements n’ont pas apporté ce que nous espérions et ne nous ont pas permis de revenir dans le match », a-t-il reconnu avec une franchise qui tranche avec les habituels discours d’après-match. Ce que la sélection nationale n’a pas réussi à produire offensivement, et ce que les entrants n’ont pas su déclencher, Messi l’a pour sa part fourni avec une déconcertante facilité.

Car le génie de Rosario a été omniprésent dans les débats. Petkovic lui a réservé une bonne partie de sa conférence de presse, multipliant les superlatifs avec une sincérité qui ressemblait davantage à de l’admiration qu’à une excuse. « Messi est un joueur extraordinaire. Nous ne parlons pas d’un joueur ordinaire, mais d’un footballeur qui a remporté sept ou huit Ballons d’Or », a-t-il dit. Puis il a développé : « Quand Messi est serein mentalement dans les moments difficiles, il devient un joueur incroyable. Il rend les choses faciles et réalise ce qui semble impossible. C’est le génie du football. Depuis de nombreuses années, il accomplit des merveilles sur les terrains. L’Argentine joue autour de lui et profite de ses qualités exceptionnelles. » Des mots qui valent ce qu’ils valent venant d’un entraîneur professionnel qui a affronté les meilleurs clubs d’Europe tout au long de sa carrière.

Mandi et Mahrez saluent la prestation de Messi

Du côté des joueurs, le son de cloche a été similaire. Aïssa Mandi, capitaine des Verts et patron de la défense, a livré une analyse sobre et lucide. « Ce qui a fait la différence ce soir, c’est qu’ils ont un joueur qui ne pardonne pas. Presque chaque occasion finit au fond des filets. C’est peut-être le meilleur joueur de tous les temps. Son efficacité est redoutable, on le savait », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la neutralisation de l’Argentin était bien au programme.« On a essayé de le minimiser au maximum, mais cela n’a pas marché. On a essayé de faire le maximum et on était bien en place, mais malheureusement on encaisse trois buts, ce qui est assez sévère, je trouve », a-t-il ajouté. Mandi n’a pas épargné non plus le secteur offensif algérien : « On n’a pas non plus été assez tranchants offensivement », a-t-il lâché, résumant en une phrase les deux faces d’une soirée décevante.

Riyad Mahrez, pour sa part, a dit en quelques mots ce que beaucoup pensaient sans oser le formuler aussi clairement. « C’est un match assez difficile contre les champions du monde. Même si on reste solides pendant longtemps, ils peuvent avoir une occasion et marquer. C’est ce qu’ils ont fait. Ils ont Messi, ça fait la différence», déclare-t-il, lucide, sans catastrophisme, mais sans illusion non plus. Ibrahim Maza, l’une des jeunes pousses de cette génération, a été encore plus direct. « Je pense que je n’ai même pas besoin d’expliquer. Vous avez juste à regarder le match. Quand Messi fait ses trucs, il peut décider seul du sort d’un match, comme il l’a fait aujourd’hui. Parfois, on lui a laissé trop d’espace et il est très efficace. »

Reste que ni Petkovic ni ses joueurs ne semblent avoir lâché prise sur la suite. Le sélectionneur a tenu à replacer ce résultat dans son contexte. « Une première rencontre n’est jamais décisive dans une Coupe du monde. Notre destin est toujours entre nos mains et nous allons désormais nous concentrer sur les deux prochains matchs afin de corriger nos erreurs et relancer notre campagne», a estimé le coach. Mandi a abondé dans le même sens, avec une conviction qu’on espère ancrée dans le vestiaire. « Le groupe peut rebondir après cette défaite. Ce n’est qu’une entame de tournoi. Il reste six points à prendre. Le moral n’est pas bon ce soir parce qu’on n’aime pas perdre, mais nous allons rebondir», a-t-il indiqué. Et au capitaine d’adresser un dernier message aux supporters. « Les supporters algériens doivent encore croire en nous. L’Argentine a été supérieure aujourd’hui, mais nous ne sommes pas une équipe qui va être abattue comme ça. Nous avons une équipe qui a du caractère. »

Derrière la déception, le message est donc uniforme, l’Algérie s’est pris un mur, elle le sait, elle l’assume. Mais le tournoi ne se joue pas en un match, et les Fennecs ont encore le droit d’y croire.

Moncef D.

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