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Mondial-2026 : Les Verts dominent la Jordanie et gardent leur destin en main

Dans la fournaise californienne de Santa Clara, l’équipe nationale de football a accompli ce qu’elle devait accomplir, battre la Jordanie deux buts à un et se maintenir en vie dans la course aux seizièmes de finale du Mondial 2026.

Il y avait de la tension dans l’air bien avant le coup d’envoi. Battre la Jordanie ou rentrer au pays la tête basse, voilà résumée en une phrase la réalité brutale à laquelle faisaient face les hommes de Vladimir Petkovic, déjà dos au mur après la défaite infligée par l’Argentine lors de la première journée. Dans ce contexte suffocant, les Verts ont montré un visage nouveau, celui d’un groupe capable de souffrir, de se remettre en question et de répondre présent quand l’essentiel est en jeu.

Le scénario de la rencontre n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. C’est la Jordanie qui a ouvert le score par l’intermédiaire de Nizar Al-Rashdan à la 36e minute, un but qui a fait l’effet d’une douche froide sur les nombreux supporters algériens présents dans les travées du Levi’s Stadium. La mi-temps s’est conclue sur ce score d’un but à zéro, et les Verts sont rentrés aux vestiaires avec le regard dans les bottes et une question urgente à résoudre.

C’est là que Vladimir Petkovic a pesé de tout son poids. Le sélectionneur suisse, dont les choix avaient été vivement questionnés après la gifle reçue face aux champions du monde en titre, a procédé aux ajustements nécessaires avec la lucidité d’un homme qui sait que son avenir sur le banc algérien dépend aussi de ce match. Les changements opérés à la pause ont métamorphosé le visage de l’Algérie. Plus de présence dans l’axe, plus d’intensité dans le pressing, plus de vitesse dans la transition. En seconde période, les Verts ont enfin ressemblé à l’équipe que leurs supporters espéraient voir depuis le début du tournoi.

L’entrée de Nadhir Benbouali a constitué le tournant décisif de la rencontre. Le jeune ailier, dont la fraîcheur et la vivacité ont mis la défense jordanienne en grande difficulté, a offert à l’Algérie l’égalisation qu’elle méritait à la 69e minute d’un match haché, nerveux, mais de plus en plus dominé par les Fennecs. Ce but libérateur a électrisé les Verts, qui ont senti que la victoire était à leur portée. Et c’est Amine Gouiri, l’homme fort de l’attaque algérienne depuis le début de cette campagne mondiale, qui a délivré son pays en transformant l’avantage à la 92e minute, d’une frappe que le gardien jordanien n’a pu que regarder terminer sa course au fond des filets. Deux à un, score final. L’Algérie respire. Elle vit. Elle croit.

Sur le plan individuel, plusieurs noms méritent d’être cités. Riyad Mahrez, le capitaine emblématique, a retrouvé une partie de son influence en seconde période, dictant le tempo offensif et se montrant précieux sur les phases arrêtées. Si sa prestation de la première mi-temps avait laissé les observateurs sur leur faim, l’international algérien a su hausser son niveau quand l’enjeu l’exigeait, confirmant une nouvelle fois que les grandes occasions font les grands joueurs. Amine Gouiri, lui, n’a pas seulement marqué un but décisif, il a prouvé, tout au long de la rencontre, qu’il est désormais l’un des piliers offensifs autour duquel Petkovic doit construire son projet de jeu. Mais la leçon la plus précieuse de cette soirée californienne est peut-être collective. Contrairement au match face à l’Argentine, où les Verts avaient semblé perdre pied mentalement après l’ouverture du score adverse, les joueurs algériens ont fait preuve d’une discipline tactique et d’une solidarité qui laissent augurer de meilleures choses pour la suite. Menés, ils n’ont pas craqué. Questionnés, ils ont répondu. Dos au mur, ils ont repoussé le mur. C’est cela, aussi, le football de haut niveau.

La situation au classement du groupe J est désormais claire. L’Argentine, qui a validé son ticket pour les seizièmes en écrasant l’Autriche deux à zéro grâce à un doublé de Lionel Messi, lequel est devenu au passage le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde avec dix-huit réalisations, surpassant l’Allemand Miroslav Klose, trône en tête avec six points. L’Autriche et l’Algérie suivent avec trois points chacune, tandis que la Jordanie, éliminée, ferme la marche. La troisième journée, prévue dimanche 28 juin, mettra aux prises l’Algérie et l’Autriche à Kansas City, dans un duel qui ressemble fort à une finale anticipée pour la deuxième place qualificative du groupe.

L’équation est simple, peut-être même trop simple pour ne pas en sentir le poids. Battre l’Autriche, et les Verts rejoignent les seizièmes de finale de la Coupe du monde pour la première fois depuis 2014. Se contenter du nul et laisser la place aux calculs mathématiques pour espérer une qualification parmi les meilleurs troisièmes. Échouer, et douze ans d’attente se prolongeront encore. La marge de manœuvre est réduite, les nerfs seront mis à l’épreuve, et l’enjeu sera immense. Mais au regard de ce que l’Algérie a montré face à la Jordanie, il y a des raisons solides de croire que les Verts aborderont ce rendez-vous avec la conviction de ceux qui savent qu’ils ont encore quelque chose à accomplir.

Moncef Dahleb

admin

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