Législatives du 2 juillet : La campagne électorale entre dans sa semaine décisive
À neuf jours du scrutin du 2 juillet, les formations politiques ont lancé mardi la phase finale de leur campagne électorale, multipliant meetings et rencontres de proximité aux quatre coins du pays dans une course contre la montre qui ne laisse plus de place à l’improvisation.
Le compte à rebours est engagé. En ce quinzième jour de campagne, les états-majors des partis ont visiblement changé de braquet. Les discours se resserrent, les déplacements s’enchaînent, et l’appel au vote massif est devenu le refrain commun de formations politiques pourtant très différentes les unes des autres. La journée a mis en lumière une convergence de fond entre les leaders en campagne. Tous, sans exception, ont martelé l’impératif d’une forte participation pour donner naissance à une Assemblée populaire nationale digne de ce nom. Les divergences programmatiques existent, elles sont réelles, mais elles se sont exprimées en filigrane derrière ce message fédérateur.
La deuxième semaine de campagne, qui s’achève, a été celle de la consolidation. Après une première semaine de mise en place, les partis ont accéléré le rythme de leurs activités, privilégiant le contact direct avec la population sur les grandes mises en scène. Les candidats indépendants, souvent oubliés dans les synthèses nationales, ont également intensifié leur présence de proximité, engageant des débats de fond avec leurs futurs électeurs sur leurs préoccupations concrètes.
Sur le fond, les discours ont tourné autour de trois axes récurrents, le soutien au processus de développement, le renforcement des institutions de l’État, et le rôle du citoyen dans la légitimation du prochain Parlement. Les réseaux sociaux ont pris une place croissante dans les stratégies de campagne, en complément du travail de terrain.
Mardi à Mila, Youcef Aouchiche, premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), a cadré le scrutin du 2 juillet comme « un rendez-vous important pour former une institution législative forte ». Devant ses militants et les candidats de la circonscription, il a appelé les citoyens à « participer massivement au scrutin pour former un parlement fort, à même de porter les préoccupations des citoyens, de défendre leurs intérêts et de remplir pleinement son rôle en tant qu’institution au service de la nation ». Le premier secrétaire du FFS a également mis en avant « le renforcement du caractère social de l’État et la diversification de l’économie nationale » comme axes centraux du programme de sa formation.
À Batna, Lamine Osmani, président de Sawt Echaab, a abordé la question sous un angle civique. Le vote du 2 juillet est selon lui « une opportunité pour contribuer au parachèvement du processus de développement que connaît le pays et consolider les acquis réalisés à tous les niveaux ». Il a particulièrement insisté sur la jeunesse, invitant les électeurs à « se rendre massivement aux urnes et choisir les candidats les plus aptes à porter fidèlement les préoccupations des citoyens ». Pour Osmani, « une large participation sera à la fois un message patriotique et une responsabilité morale envers la patrie ».
Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a tenu pour sa part un meeting populaire au palais de la culture Mohamed-Boudiaf d’Annaba. Elle a présenté la participation comme « un moyen démocratique efficace » de défendre les droits sociaux et économiques des travailleurs, en détaillant un programme économique centré sur l’industrie, l’agriculture, la pêche et les secteurs générateurs de richesses. Le PT s’engage, a-t-elle précisé, à « défendre toute action de nature à préserver le caractère social de l’État, et à renforcer les acquis enregistrés dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’habitat ». Du côté du Front el-Moustakbal, Fateh Boutbig a fait le déplacement à Ouled Djellal pour affirmer que les législatives représentent « une étape nationale cruciale pour la construction d’institutions solides, la poursuite du processus de développement et la préservation des acquis ». Pragmatique, il a mis en avant le secteur agricole comme « pilier essentiel d’un développement durable », liant son essor au renforcement de la position de l’agriculteur et à la promotion de l’investissement.
À Bejaia, Atmane Mazouz, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a assumé une ligne plus territorialisée. Le développement local est « l’axe central » du programme de son parti, a-t-il affirmé devant les militants de Beni Maouche, insistant sur « la nécessité de créer davantage d’opportunités pour permettre aux jeunes de construire leur avenir dans le pays ».
Les poids lourds aussi
Depuis Ouargla, Abdelali Hassani-Cherif, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a décliné la même ambition sous un angle institutionnel : les législatives sont, selon lui, « une opportunité de renforcer le rôle du prochain Parlement par le choix d’élus compétents ». Il a souligné que les candidats de son mouvement tâcheront de « se constituer en trait d’union entre les citoyens et les diverses institutions de l’État ». Le président du MSP a également évoqué la souveraineté nationale dans son « acception moderne » et la nécessité de « pôles économiques spécialisés » dans la vision de développement de sa formation.
À Chlef, le secrétaire général du FLN, Abdelkrim Benmbarek, a donné à ce scrutin une dimension à la fois politique et constitutionnelle. « Les élections ne sont pas une simple opération administrative ou une procédure juridique, mais une pratique démocratique qui reflète le niveau de conscience du peuple algérien », a-t-il déclaré, en appelant les citoyens à « participer massivement et à voter en force ». Il a plaidé pour un Parlement « capable d’assumer ses missions constitutionnelles en matière de législation, de contrôle et d’évaluation des politiques publiques ». Fatima-Zohra Zerouati, présidente de Tajamou Amel El Djazair (TAJ), en campagne à Aflou, a quant à elle mis en avant la dimension démocratique de l’échéance, la qualifiant d’« importante halte pour la consécration du processus démocratique et l’ancrage de la culture de la participation politique ». Elle a également profité de la tribune pour insister sur la place de la femme algérienne dans la vie politique, « acteur essentiel dans la prise de décision », plaidant pour un renforcement de la présence féminine dans les instances élues.
Hocine Fadheli

