Le ministère de la Culture forme la prochaine génération d’éditeurs : De l’idée au livre
La Bibliothèque nationale d’Algérie a accueilli, lundi, une journée de formation inédite à destination des jeunes éditeurs algériens, portée par le Centre national du livre sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts. Une initiative qui dit beaucoup sur l’ambition, et les lacunes, d’une filière qui cherche à se structurer.
Le programme est dense. Selon un communiqué du département de Malika Bendouda, cinq ateliers se sont succédée lors de la séance matinale autour des fondamentaux du métier, à savoir la chaîne du livre et ses étapes de production, les techniques de publication, la législation algérienne applicable au secteur, la négociation des contrats et la gestion des droits, et enfin les nouvelles formes que prend le livre à l’ère numérique, ebook et livre audio inclus. Puis, l’après-midi, place à un échange ouvert entre éditeurs débutants et professionnels aguerris, pour confronter les expériences et discuter des obstacles concrets du secteur. Le ministère a présenté l’événement comme s’inscrivant dans «sa politique de soutien et de qualification des éditeurs algériens et du secteur de l’édition», avec l’objectif affiché de «permettre aux jeunes éditeurs de développer leurs compétences professionnelles et d’accompagner les transformations numériques et économiques du monde de l’édition». Le public visé est large, jeunes éditeurs, auteurs, étudiants, chercheurs, spécialistes du marketing culturel et numérique, représentants d’institutions culturelles, ce qui témoigne à la fois de l’étendue des besoins et de la jeunesse d’une filière encore en construction. L’édition algérienne souffre depuis des années d’un paradoxe bien documenté avec un vivier d’auteurs réel, une demande de lecture qui existe, mais un tissu d’éditeurs professionnels trop mince et souvent peu outillé pour transformer un manuscrit en produit commercialisable et distribué à l’échelle nationale.
C’est précisément là que ce type de journée prend son sens. Aborder les contrats d’édition, le droit d’auteur, les mécanismes de négociation avec les auteurs, sujets restés trop longtemps dans l’angle mort de la formation culturelle en Algérie, c’est donner aux éditeurs les clés d’un métier qui s’exerce dans un cadre juridique et économique exigeant. La dimension numérique du programme est également essentielle. Le livre audio et le livre électronique ouvrent des marchés que l’édition algérienne explore encore timidement, alors que d’autres pays arabes ont déjà pris une longueur d’avance.
Mohand S.

