17e édition de la Sbeiba à Djanet : Un pont entre les cultures
La fête de Sbeiba inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO a réuni, du 22 au 26 juin à Djanet, des délégations venues de plusieurs régions d’Algérie mais aussi de Libye, d’Italie, de France, de Belgique et du Japon, confirmant l’attractivité croissante d’une manifestation qui entend désormais peser sur les plans culturel, touristique et économique.
Sous le signe de « Sbeiba… saison de l’âme… et passage de l’ambition », la 17ᵉ édition du festival culturel local de Djanet a tenu ses promesses. Pendant cinq jours, la ville du Tassili s’est muée en carrefour de rencontres, de débats et de spectacles, portée par une édition qui assumait clairement l’ambition de faire passer ce patrimoine du statut folklorique à celui de levier de développement. « Nous avons voulu passer de la simple célébration du patrimoine à sa valorisation », a résumé Othmane Benekkas, membre du commissariat du festival, interrogé par l’APS. « Sbeiba doit être vue comme un héritage humain vivant, capable de contribuer au développement culturel, touristique et économique. »
Ce virage s’est traduit concrètement dans le programme. Pour la première fois, les ksour de Djanet ont été intégrés aux espaces officiels du festival, sortant la manifestation de ses scènes habituelles pour l’ancrer dans le tissu urbain et historique de la ville. Une journée d’étude a réuni chercheurs et universitaires autour de la question de Sbeiba « entre reconnaissance mondiale et valorisation locale », tandis que des expositions de l’artisanat, des arts plastiques et de la documentation patrimoniale complétaient le dispositif. L’Office national du tourisme était également présent avec un stand mettant en avant les atouts de la région.
La dimension nationale s’est aussi affirmée. Des délégations venues de différentes wilayas ont fait le déplacement, parmi lesquelles celle d’In Salah, représentée par l’association culturelle Barzana du ksar Laâreb. Chercheurs, artistes et journalistes ont contribué à enrichir le volet scientifique et culturel de la programmation, dans un esprit que le responsable décrit comme un « espace de dialogue culturel et d’échange d’expériences. »
Côté international, la présence d’une délégation libyenne composée de poètes, d’artistes et de troupes folkloriques a été l’un des moments forts de l’édition. Un signe, selon les organisateurs, de la profondeur des liens historiques et culturels qui unissent les peuples de la région. Des touristes européens et japonais, ainsi qu’une couverture médiatique nationale et une attention croissante des plateformes numériques, ont complété ce tableau d’ensemble.
Inscrite depuis 2014 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, la fête de Sbeiba , cérémonie ritualisée qui reconstitue symboliquement un épisode de réconciliation entre deux tribus touarègues, continue de susciter un intérêt qui dépasse largement les frontières du Sahara algérien. Le commissariat du festival compte capitaliser sur cet élan. « Nous aspirons à élargir la participation internationale et à attirer des délégations et des experts des pays intéressés par le patrimoine et la culture saharienne », a indiqué Othmane Benekkas, souhaitant faire de Sbeiba « un pont entre les cultures et un message civilisationnel et de développement qui rayonne depuis Djanet vers le monde. »
Mohand Seghir

