À la UneÉconomie

Signature d’un accord énergétique algéro-ivoirien : Sonelgaz se déploie en Afrique de l’Ouest

L’Algérie et la Côte d’Ivoire ont signé, mardi à Abidjan, un accord intergouvernemental de coopération dans les domaines de l’énergie et des énergies renouvelables, paraphé par le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, et son homologue ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly. Ce texte, qui établit « le cadre juridique et institutionnel régissant les activités et les projets de coopération devant être concrétisés » entre les deux pays, vient consolider une dynamique bilatérale en plein essor et confirme l’ancrage croissant d’Alger dans le dispositif énergétique du continent. L’accord scelle une feuille de route déjà engagée sur le terrain, où le groupe public Sonelgaz, via sa filiale Sonelgaz International créée en mars dernier sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, multiplie les chantiers. Reçu lundi par le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé, M. Adjal a évoqué la contribution algérienne au développement des infrastructures électriques ivoiriennes, la formation de cadres locaux dans les écoles relevant de Sonelgaz, ainsi que l’étude de faisabilité d’une coentreprise algéro-ivoirienne de fabrication d’équipements électriques et gaziers. Selon des informations communiquées récemment par le ministère de l’Energie, la Côte d’Ivoire devrait notamment accueillir une centrale hybride de 700 mégawatts, complétée par des turbines à gaz mobiles d’une capacité de 400 MW, dans le prolongement du modèle déjà expérimenté avec succès au Niger, où une centrale de 40 MW a été livrée en un temps record, et au Tchad.

« Etape charnière » dans le renforcement des relations bilatérales, selon les termes employés par M. Adjal, cet accord s’inscrit, a-t-il précisé, dans la « dynamique positive » observée ces derniers mois entre les deux pays, avec pour ambition de « contribuer au développement et à la prospérité des deux pays frères » et de servir « les objectifs de développement du continent africain et de la réalisation de son autonomie énergétique ». Une lecture partagée côté ivoirien.M. Sangafowa-Coulibaly a qualifié la coopération algéro-ivoirienne de « modèle exemplaire à l’échelle du continent africain », assurant que son pays considère l’Algérie comme « le meilleur partenaire » au regard de ses réalisations dans le secteur énergétique.

L’enjeu dépasse le cadre strictement bilatéral. En l’espace de quelques mois, Sonelgaz International s’est imposée comme un acteur de poids sur le marché africain de l’électricité, dont plus de 600 millions d’habitants restent privés d’accès, multipliant les projets au Niger, au Tchad, au Mozambique, en Mauritanie et désormais en Côte d’Ivoire, tout en explorant la construction d’une centrale indépendante en Tunisie. Avec une capacité de production dépassant les 27 000 mégawatts, l’Algérie figure parmi les trois premiers producteurs d’électricité du continent, un statut que les autorités entendent transformer en levier diplomatique et industriel, à travers un modèle intégré associant réalisation, formation et maintenance, représentant une véritable alternative aux logiques de dépendance technologique.

Souveraineté énergétique africaine

Cette percée électrique s’articule à une stratégie hydrocarbures tout aussi affirmée, portée par Sonatrach et relayée institutionnellement par l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO), dont le secrétariat général est désormais assuré par l’Algérien Farid Ghezali, ancien cadre du groupe national. M. Sangafowa-Coulibaly a d’ailleurs insisté sur l’importance de cette coopération intra-africaine au sein de l’APPO pour garantir « la souveraineté énergétique du continent », évoquant la nécessité de mobiliser des financements pour l’exploitation des richesses naturelles africaines. C’est précisément l’objet de la future Banque africaine de l’énergie, institution adossée à l’APPO et à Afreximbank, dont le lancement opérationnel est annoncé pour le 1er juillet, soit au lendemain même de la signature d’Abidjan, avec un capital initial de 500 millions de dollars et l’ambition de mobiliser jusqu’à 15 milliards de dollars d’ici 2030 pour financer les infrastructures pétrolières, gazières et électriques du continent. L’accord signé à Abidjan illustre ainsi une diplomatie énergétique algérienne qui positionne Alger comme l’un des architectes de l’autonomie énergétique africaine,.

Amar Malki

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *