Culture

Le projet a été examiné par le Gouvernement : L’Algérie se dote d’un muséum national d’histoire naturelle

Le Gouvernement a examiné le projet de création d’un muséum national d’histoire naturelle.

Le Premier ministre, M. Sifi Ghrieb, a présidé mercredi à Alger une réunion du Gouvernement consacrée à l’examen du projet de création du muséum national d’histoire naturelle d’Algérie, dans l’objectif de doter le pays d’une infrastructure scientifique et culturelle inédite dédiée à la préservation du patrimoine naturel national. Selon un communiqué des Services du Premier ministre, dont l’APS a livré le texte intégral, « le Gouvernement a examiné le projet de création du muséum national d’histoire naturelle d’Algérie, dans l’objectif de préserver et promouvoir le patrimoine naturel national, protéger la biodiversité, soutenir la recherche scientifique et renforcer la position de l’Algérie comme destination scientifique, culturelle et touristique ». Le communiqué précise que « cet édifice devrait permettre une avancée majeure dans la gestion du patrimoine naturel national en mettant en place une infrastructure moderne dédiée à la collecte, à la conservation et à la documentation des artefacts d’histoire naturelle nationale, ainsi qu’en assurant la transmission de ce patrimoine aux générations futures, conformément aux engagements de notre pays en matière de protection de l’environnement et de développement durable ».

Ce projet vient combler un vide institutionnel largement documenté par la communauté scientifique nationale. Sur le continent africain, seuls quelques pays disposent aujourd’hui d’un musée d’histoire naturelle, une rareté qui prive l’Algérie d’un outil pourtant jugé stratégique pour la recherche taxonomique et la conservation de ses collections biologiques et géologiques. Des chercheurs algériens plaident depuis plusieurs mois pour la mise en place d’une telle institution, rappelant que la validation scientifique de nouvelles espèces découvertes sur le territoire national exige le dépôt d’un spécimen de référence, appelé holotype, au sein d’un muséum officiellement reconnu, une exigence à laquelle l’Algérie ne peut aujourd’hui répondre faute de structure dédiée. Un futur muséum permettrait ainsi, selon eux, de rapatrier une partie du patrimoine national de la biodiversité actuellement conservé dans des collections étrangères, renforçant du même coup la souveraineté scientifique du pays.

L’emplacement exact de la future institution et son calendrier de réalisation n’ont pas encore été précisés par les autorités. Le projet s’inscrit néanmoins dans une dynamique présidentielle plus large de valorisation du patrimoine national. Le Conseil des ministres a récemment acté la création d’une Agence nationale des antiquités, placée sous la tutelle directe de la Présidence de la République, ainsi que d’un Conseil supérieur de la communauté scientifique algérienne à l’étranger, deux décisions par lesquelles le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé sa volonté de consolider la recherche scientifique et de mieux protéger les biens patrimoniaux du pays, qu’ils soient archéologiques, culturels ou naturels. L’Algérie ambitionne ainsi de rejoindre le cercle restreint des pays dotés d’une telle vitrine scientifique, où figurent les collections les plus renommées de Washington, Londres et Paris, tout en affirmant sa capacité à préserver, documenter et transmettre aux générations futures la richesse de sa biodiversité et de son histoire naturelle multimillénaire.

Mohand Seghir

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