Bandes de quartiers / Sayoud : On « ne peut pas se limiter à l’intervention sécuritaire »
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a présidé mardi une réunion de la Commission nationale de prévention et de lutte contre les bandes de quartiers, consacrée à l’examen du projet de plan d’action destiné à mettre en œuvre la stratégie nationale élaborée en la matière, une rencontre qui a permis d’arrêter les derniers contours d’une feuille de route présentée comme le prolongement stratégique des efforts sécuritaires et judiciaires menés quotidiennement sur le terrain, selon un communiqué du ministère. À l’ouverture des travaux, le ministre a salué « les efforts sécuritaires et judiciaires déployés quotidiennement » pour endiguer ce phénomène, tout en soulignant que la stratégie nationale et son plan d’action viennent conforter ces efforts par « l’instauration d’une vision nationale intégrée faisant de la prévention une approche permanente, basée sur la coopération entre les différents intervenants et le traitement des causes profondes de ce phénomène ». Dans son allocution, dont de larges extraits ont été diffusés par le ministère, Sayoud est revenu sur la genèse de cette démarche, rappelant que la commission nationale poursuit ses travaux depuis son installation officielle le 20 avril 2026, à travers « des discussions approfondies et des concertations continues » menées lors de plusieurs réunions officielles, en présentiel comme à distance.
Le ministre a insisté sur le fait que la lutte contre les bandes de quartiers et les agissements criminels qui s’y rattachent ne s’est jamais interrompue, les opérations préventives et les interventions des services de sécurité et de justice s’étant poursuivies avant comme après l’installation de la commission. Ce qui change aujourd’hui, a-t-il expliqué, c’est le passage à une planification stratégique où « la prévention devient une démarche permanente, et non plus une simple réponse conjoncturelle » aux événements ponctuels enregistrés dans certaines régions. Évoquant les violences observées de manière récurrente dans certains quartiers, Sayoud a estimé que ces épisodes confirment que le phénomène exige « davantage de vigilance et de mobilisation », renforçant la conviction que sa prise en charge ne peut reposer sur la seule intervention sécuritaire, malgré les résultats obtenus sur le terrain, mais nécessite un traitement global des causes qui l’alimentent. C’est précisément l’ambition affichée du plan d’action, censé traduire une vision nationale intégrée fondée sur la prévention, l’anticipation et la coordination entre les différents acteurs concernés.
Le ministre a présenté ce document comme « une feuille de route opérationnelle reposant sur des programmes susceptibles d’être mis en œuvre, suivis et évalués selon une approche globale prenant en compte les dimensions sécuritaire, sociale, éducative, culturelle, économique et numérique », permettant ainsi de basculer d’une logique d’intervention après la commission du crime vers une logique d’anticipation. Il a précisé que le plan d’action s’articule autour d’un dispositif intégré allant du repérage précoce des zones à risque à la mise en place de cellules de proximité pour la prévention, en passant par le renforcement de la protection sociale et éducative, la réhabilitation des espaces publics, l’élargissement des programmes d’insertion sociale et professionnelle, la consolidation de la culture citoyenne, ainsi que le renforcement de la vigilance numérique face aux discours incitant à la violence sur les réseaux sociaux.
Sur le plan des principes, le ministre a affirmé que la sécurité du citoyen dans son quartier et dans les espaces publics « ne se limite pas au maintien de l’ordre public, mais constitue un pilier essentiel pour le renforcement du front intérieur et la consécration de la sécurité nationale ». Il a ajouté que plus le citoyen se sent en sécurité et voit sa confiance envers les institutions de l’État se consolider, plus la société gagne en cohésion et en capacité à faire face aux défis susceptibles de menacer la stabilité du pays. Le ministre a par ailleurs prévenu que la réussite du plan d’action « sera évaluée en fonction de son impact concret réalisé sur le terrain et à sa capacité à protéger les jeunes, à préserver les quartiers et à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions de l’État », rappelant que sa valeur ne se mesurera pas à la qualité de sa rédaction mais aux résultats tangibles perçus par les familles et par les jeunes eux-mêmes dans leur comportement quotidien.
Les membres de la commission nationale ont, de leur côté, formulé une série d’observations et de propositions destinées à enrichir le plan d’action et à consolider les mécanismes de sa mise en œuvre et de son suivi, réaffirmant la nécessité d’une complémentarité entre les niveaux central et local pour atteindre les objectifs tracés par la stratégie nationale. Le ministre a salué à ce propos « le niveau du débat et l’esprit de responsabilité » ayant caractérisé les travaux, avant de remercier l’ensemble des membres, des représentants sectoriels et des experts pour leurs contributions à l’élaboration de la stratégie et de son plan d’action. Sayoud a conclu en indiquant que la prochaine étape sera consacrée au parachèvement de la stratégie sur le terrain, une fois celle-ci adoptée par le gouvernement, dans l’objectif de renforcer la prévention contre les bandes de quartiers, de protéger la jeunesse et de consolider la sécurité au sein de la société ainsi que l’autorité de l’État, réitérant l’engagement de son département à accompagner la commission nationale et les commissions de wilaya pour traduire cette stratégie en résultats concrets au bénéfice des citoyens.
Chokri Hafed

