Faible taux de participation aux législatives : Les partis, entre évaluation et responsabilisation
Le taux de participation aux dernières élections législatives, qui a dépassé les 21%, continue de nourrir le débat au sein de la classe politique. Deux responsables de partis ont livré, mardi, des lectures distinctes de ce scrutin lors de conférences de presse séparées, appelant l’un et l’autre à une remise en question face au phénomène de l’abstention. Le président du parti Sawt Echaab, Lamine Osmani, a estimé que le taux de participation enregistré appelle une évaluation de la part des différentes formations politiques, invitant celles-ci à revoir leur performance et leur capacité à mobiliser les citoyens. Il a affirmé que le renforcement de la participation politique constitue « une responsabilité partagée » incombant à l’ensemble des acteurs, sans exception. S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue mardi, M. Osmani a considéré que le traitement du phénomène de l’abstention exige de reconnaître l’existence d’échecs et de travailler à les dépasser, insistant sur la nécessité de poursuivre le combat et l’action politiques sans céder au renoncement. Il a jugé que le citoyen algérien a besoin d’un discours politique « sincère et courageux », loin de l’exagération et de la dramatisation. Le responsable du parti a également appelé les élites nationales à jouer leur rôle dans la sensibilisation de la société et l’ancrage de la culture de l’État, soulignant l’importance de préserver la stabilité, de poursuivre les réformes constitutionnelles et légales, et d’associer la jeunesse, des acquis nationaux qu’il convient, selon lui, de consolider. Il a précisé que l’action politique responsable repose sur le soutien aux institutions de l’État et la critique objective des erreurs, assortie de propositions d’alternatives et de solutions, réitérant son appel à l’ouverture d’un débat national sérieux sur la participation politique et les mécanismes de restauration de la confiance des citoyens. Concernant les résultats du scrutin, M. Osmani s’est dit satisfait du score réalisé par sa formation lors des législatives du 2 juillet, affirmant que le parti a enregistré un bond qualitatif par rapport aux élections de 2021, sa représentation à l’Assemblée populaire nationale passant de trois à 17 sièges, un résultat qu’il a qualifié d’« accomplissement politique » permettant au parti de constituer un groupe parlementaire.
De son côté, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abdelali Hassani-Cherif, a affirmé qu’imputer aux partis politiques la responsabilité de la faible affluence aux urnes relève d’une lecture inexacte, considérant que l’abstention électorale est devenue « une position populaire » qui se répète et s’amplifie à chaque rendez-vous électoral.
Lors d’une conférence de presse consacrée aux résultats provisoires des législatives, M. Hassani Chérif a indiqué que les faibles taux de participation traduisent une crise de confiance croissante entre le citoyen et le processus politique, relevant que l’abstention et les phénomènes liés à la participation observés lors de ce scrutin confirment l’existence d’une crise de confiance nécessitant un traitement urgent. Il a souligné que le traitement de ce phénomène impose une révision des approches politiques existantes et un travail de renforcement de la confiance dans le processus électoral, mettant en garde contre la poursuite du recul de la participation politique et ses répercussions possibles sur la scène nationale. Il a affirmé que l’Algérie a besoin d’une vie politique forte et diversifiée, fondée sur les valeurs et le référentiel national, estimant que toute tentative d’affaiblir le pluralisme politique ou de pousser les citoyens vers davantage d’abstention ne servirait pas l’intérêt du pays. M. Hassani Chérif a annoncé que son mouvement entamera une étude des causes des résultats issus de ces élections et des circonstances qui les ont entourées, dans le but d’évaluer cette étape et d’en tirer les enseignements nécessaires, réaffirmant que le MSP poursuivra son action en faveur de la protection des choix, des valeurs et de l’unité du pays, tout en maintenant son engagement national et démocratique.
Salim Amokrane

