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Une coopération avec Huawei en discussion : L’Algérie accélère la cadence sur l’intelligence artificielle

Le ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a reçu mardi au siège de son département le nouveau président-directeur général de Huawei Télécommunication Algeria, Tony Shi Xiaohua, pour examiner les voies d’un renforcement concret de la coopération bilatérale dans le domaine du numérique. La rencontre, tenue en présence de cadres des deux parties, intervient dans un contexte où l’Algérie affiche une ambition technologique de plus en plus assumée.

Au cœur des échanges : l’intelligence artificielle et les moyens d’en accélérer l’ancrage local. Les deux parties ont notamment abordé la question de l’accès aux processeurs graphiques spécialisés — les GPU — indispensables au développement de solutions fondées sur les grands modèles de langage, dont la demande mondiale connaît une croissance exponentielle. Il a également été question des mécanismes susceptibles d’encourager l’émergence de technologies algériennes dans ce secteur, avec une double ambition : répondre au marché national et, à terme, rayonner sur le continent africain. La qualification des ressources humaines a occupé une place centrale dans les discussions. Les deux parties ont insisté sur la nécessité d’investir dans la recherche et le développement en s’appuyant sur les compétences nationales, tout en explorant les perspectives de fabrication locale d’équipements électroniques. L’implication des micro-entreprises dans les chaînes de valeur de cette industrie a été jugée déterminante. La 5G a également figuré à l’ordre du jour, à travers le soutien au déploiement de solutions innovantes par les start-up algériennes dans des applications concrètes sur le terrain.

Au terme de la réunion, les deux parties sont convenues de jeter les bases d’une coopération « sérieuse et efficace », reposant sur une implication plus large des start-up, en coordination avec l’accélérateur d’affaires « Aventure », selon le communiqué du ministère.

Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct des déclarations que le ministre avait formulées en mars dernier. En marge d’une visite de travail dans la wilaya de Médéa, Noureddine Ouadah avait révélé que son département travaillait activement à « développer des modèles d’intelligence artificielle adaptés aux spécificités de notre pays, dans le respect de nos traditions, de notre culture et des valeurs de notre société ». Une annonce lourde de sens dans un contexte où la maîtrise de l’IA est devenue un enjeu de souveraineté numérique pour les nations qui entendent peser dans les rapports de force économiques et géostratégiques du XXIe siècle.

Le ministre avait alors expliqué qu’un travail était mené « avec plusieurs experts afin de développer des modèles d’intelligence artificielle adaptés à la nature de la société et à ses besoins », pointant implicitement la nécessité de disposer d’outils capables de traiter les langues nationales — arabe, tamazight et darija — et de répondre aux problématiques propres aux secteurs stratégiques algériens, de l’agriculture à la santé en passant par l’administration publique. « L’IA occupe désormais une place importante dans plusieurs secteurs, dont l’économie et la sécurité régionale », avait-il souligné, appelant à « la formation des jeunes et leur habilitation à la comprendre de manière consciente ».

La réunion avec Huawei donne désormais une traduction opérationnelle à ces ambitions. Le géant chinois des télécommunications, l’un des acteurs mondiaux les plus avancés dans le déploiement de solutions d’IA et d’infrastructures 5G, représente pour Alger un partenaire stratégique potentiel, conditionné par un véritable transfert de compétences et une intégration effective de l’écosystème local des start-up.

Samir Benisid

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