Siège de l’OMPI à Genève : L’Algérie fait vibrer le pouls de sa créativité
L’Algérie a mis en lumière la richesse de son patrimoine culturel et l’effervescence de sa scène créative, lundi à Genève, à la faveur de la 68e session des assemblées des États membres de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), à travers une manifestation culturelle et artistique placée sous le thème « Algeria, The Pulse of Creativity ». Organisé par le ministère de la Culture et des Arts, cet événement a offert aux quelque 800 participants et délégués venus des quatre coins du monde un espace pour découvrir la diversité du patrimoine matériel et immatériel algérien. Une exposition dédiée a ainsi mis en avant la richesse et la diversité de ce legs, tandis qu’un spectacle artistique a donné à voir la pluralité des expressions culturelles nationales, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest du pays. Un espace de dégustation est également venu compléter le dispositif, faisant découvrir aux invités les saveurs authentiques des terroirs algériens. L’ouverture de cet espace, qui a connu une affluence internationale notable, s’est déroulée en présence du directeur général de l’OMPI, Daren Tang, ainsi que de l’ambassadeur, représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations unies et des organisations internationales à Genève. C’est la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, qui en a assuré le lancement officiel. Dans son allocution, elle a invité l’assistance à s’arrêter, écouter et ressentir le pouls de la création algérienne, porteur d’une profondeur historique, d’une diversité culturelle et d’énergies créatives sans cesse renouvelées, soulignant que la culture demeure un vecteur essentiel de développement, d’innovation et de dialogue entre les peuples.
Au-delà de ce volet culturel, Malika Bendouda a pris part, dès l’ouverture des travaux de cette 68e session le 7 juillet, aux débats consacrés à la propriété intellectuelle, à l’innovation ainsi qu’aux rapports financiers et de contrôle de l’organisation, prévus jusqu’au 15 juillet. La ministre y a prononcé deux interventions officielles, la première au nom de l’Algérie, la seconde au nom du Groupe arabe, portant une vision commune faisant de la propriété intellectuelle un levier central de développement. Dans son intervention nationale, la ministre a salué les efforts du directeur général de l’OMPI à l’occasion du renouvellement de son mandat, avant de rappeler la conviction de l’Algérie selon laquelle la culture constitue une force capable de façonner l’avenir, ce qui a conduit le pays à placer la protection de la propriété intellectuelle au cœur de sa stratégie de construction d’une économie de la connaissance. Elle a ainsi passé en revue plusieurs initiatives nationales destinées à renforcer l’environnement de l’innovation : le lancement de l’incubateur de projets créatifs « Moubadir Art », la consolidation du Prix du président de la République Ali Maachi pour les jeunes créateurs, devenu un rendez-vous annuel dédié au talent algérien, ainsi que le soutien aux jeunes entreprises culturelles articulant patrimoine et innovation.
La ministre a par ailleurs mis en avant la coopération avec l’OMPI, couronnée par l’ouverture d’un bureau extérieur de l’organisation à Alger, décrit comme un pont pour le transfert d’expertise, insistant sur l’importance de la protection des indications géographiques et des marques collectives liées au patrimoine culturel et touristique algérien. Elle a enfin rappelé le rôle de pôle régional de référence joué par l’Algérie, notamment à travers les programmes de formation organisés au profit de cadres africains et arabes via l’Office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA).
Intervenant au nom du Groupe arabe, Malika Bendouda a réaffirmé le soutien constant des pays arabes au mandat du Comité du développement et de la propriété intellectuelle, saluant les projets réalisés dans la région dans le cadre de l’agenda pour le développement de l’OMPI. Elle a plaidé pour un renforcement du rôle de la propriété intellectuelle en faveur des jeunes, des femmes et des petites entreprises, ainsi que pour une plus grande place de la langue arabe dans les activités de l’organisation, publications et systèmes de protection compris, à l’image du système de Madrid pour l’enregistrement international des marques. Elle a conclu en appelant à un système mondial de propriété intellectuelle plus équilibré et équitable, garant des droits, attentif aux besoins de développement des États et favorable au transfert de technologie et à la réduction de la fracture numérique.
Mohand S.

