Procès en appel de l’affaire Imetal : Ali Aoun condamné à trois ans de prison
La Cour d’Alger a rendu son verdict dans l’affaire impliquant l’ancien ministre de l’Industrie, Ali Aoun, son fils, ainsi que l’ancien directeur général de l’entreprise Fondal, l’ancien président-directeur général du complexe sidérurgique Sider El Hadjar et plusieurs autres prévenus. Les décisions prononcées vont de l’acquittement à dix années de prison ferme.
Mardi a été clos le dernier chapitre de l’un des dossiers de corruption économique les plus suivis de ces derniers mois. Il s’agit de l’affaire dite « Imetal », impliquant Ali Aoun, son fils et l’homme d’affaires Nono Manita, ainsi que plusieurs dirigeants du secteur de la sidérurgie à Annaba. Selon les informations apportées par une source juridique contactée par nos soins, le verdict de la chambre pénale relevant de la Cour d’Alger est tombé comme un couperet pour les principaux prévenus, alors que pour d’autres la clémence a été au rendez-vous, ceux-ci ayant été blanchis des accusations qui pesaient sur eux.
Ainsi, selon notre source, les peines prononcées allaient de l’acquittement à dix années de prison ferme, avec une réduction notable de la condamnation infligée à l’ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, Ali Aoun. Au terme de ce procès en appel, Ali Aoun a été condamné à une peine de trois ans de prison, dont deux ans ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars. Rappelons que l’ex-ministre avait été condamné en première instance à une peine plus lourde, revue à la baisse en appel. La même instance de justice a également réduit la peine de (M. A.), fils de l’ancien ministre, à quatre années de prison ferme, assortie d’une amende de 200 000 dinars.
Parmi les autres mis en cause dans ce dossier de corruption, le principal accusé, l’homme d’affaires Abdenour A., connu sous le sobriquet « Nono Manita », a vu sa condamnation à dix ans de prison ferme confirmée, tout comme l’investisseur (S. B.), également condamné à dix années de réclusion et à une amende d’un million de dinars, ont fait savoir nos sources.
S’agissant des anciens directeurs généraux de l’entreprise Fondal et du complexe sidérurgique Sider El Hadjar, ils ont chacun été condamnés à trois ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars. Les deux autres prévenus, dont un opérateur économique et le président d’un club équestre, ont écopé de cinq années de prison ferme, assorties d’une amende d’un million de dinars, a encore ajouté notre source.
En revanche, plusieurs accusés ont été totalement acquittés. Il s’agit notamment de l’ancien président de la Fédération algérienne de football, Charaf-Eddine Amara, d’un responsable d’une société représentant une marque automobile chinoise, ainsi que de plusieurs dirigeants d’entreprises pharmaceutiques, a précisé notre source. La Cour a ordonné la levée du contrôle judiciaire dont ils faisaient l’objet et la restitution de leurs passeports.
Outre les peines d’emprisonnement et les amendes, la juridiction a condamné chaque prévenu reconnu coupable à verser un million de dinars au Trésor public au titre de réparation du préjudice subi.
Cette décision intervient plusieurs mois après le jugement de première instance dans une affaire qui avait suscité un vif intérêt en raison de l’implication d’un ancien membre du gouvernement et de dirigeants d’entreprises publiques stratégiques.
Pour rappel, l’affaire a trouvé son origine dans une enquête ouverte sur des soupçons de corruption, impliquant plusieurs responsables publics, dirigeants d’entreprises et hommes d’affaires, pour abus de fonction, trafic d’influence, dépassements dans la gestion du groupe public Imetal, dilapidation de deniers publics, octroi de marchés en violation de la réglementation et octroi d’indus avantages. Ces agissements ont causé un important préjudice au Trésor public.
Sofia Chahine

