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Guerre au Moyen-Orient : Vers un élargissement du conflit à la Mer Rouge !

Près de cinq mois après le déclenchement, le 28 février 2026, de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le conflit connaît une nouvelle et sérieuse escalade depuis la rupture, il y a quelques jours, du cessez-le-feu conclu le 17 juin.

Le président américain Donald Trump a menacé de détruire « un pont ou une centrale électrique » en Iran, y compris à Téhéran, à chaque tir iranien contre un navire dans le détroit d’Ormuz, sous tension depuis le début des hostilités. Ce regain de tension s’accompagne désormais d’un élargissement du théâtre des opérations à la mer Rouge et au détroit de Bab el-Mandeb, où les Houthis viennent d’annoncer un blocus naval visant l’Arabie saoudite, ravivant la crainte d’un embrasement régional aux conséquences potentiellement lourdes pour l’économie mondiale et les marchés de l’énergie. « Chaque fois que l’Iran tirera sur un navire dans le détroit d’Ormuz, avec un missile, une roquette, un drone ou toute autre arme, les États-Unis bombarderont et détruiront un pont ou une centrale électrique », a écrit le président américain sur Truth Social. Ces propos font suite à une frappe américaine sur l’île iranienne de Larak, dans le détroit d’Ormuz, où une forte explosion aurait été entendue, sans confirmation de l’ampleur des dégâts.

Sur le plan maritime, la tension s’est encore accrue avec l’annonce, par les Houthis soutenus par Téhéran, d’un blocus naval visant l’Arabie saoudite. La Chambre internationale de la marine marchande a confirmé avoir enregistré des avertissements radio adressés à des navires. Selon des données de suivi analysées par l’AFP, au moins neuf navires marchands ont fait demi-tour près de Bab el-Mandeb ou en mer Rouge, verrou stratégique reliant l’Océan indien à la Méditerranée via le canal de Suez. Donald Trump avait déjà averti que Washington répliquerait si les Houthis entravaient la navigation, rappelant les précédentes opérations américaines contre le groupe yéménite.

L’onde de choc dépasse le seul théâtre irano-américain. L’Agence de l’UE pour la sécurité aérienne a déconseillé le survol de la Jordanie, invoquant des « attaques iraniennes récurrentes » et l’activation des défenses antiaériennes ; les espaces aériens de Bahreïn, du Koweït, des Émirats, du Qatar, du golfe d’Oman, de l’Irak et du Liban sont également concernés. L’armée jordanienne a fait état mercredi de six missiles tirés depuis l’Iran, dont quatre interceptés, sans victimes selon elle. À Bahreïn, des sirènes ont retenti et une explosion a été entendue, le royaume affirmant être visé quotidiennement.

Cette nuit a marqué, selon le Centcom, une « onzième nuit consécutive » de frappes américaines, présentées comme destinées à limiter la capacité iranienne de menacer le trafic à Ormuz. Trump a assuré mardi que les opérations se poursuivraient, un arrêt permettant selon lui à Téhéran de reconstituer ses capacités « en 20 à 25 ans », évoquant une possible frappe sur un site souterrain de la montagne de Kolang. En réponse, le commandement iranien Khatam al-Anbiya a averti que tous les intérêts américains et alliés dans la région seraient visés si cette menace se concrétisait. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a chiffré devant le Sénat le coût de l’opération à 37,5 milliards de dollars d’ici fin septembre, défendant une rallonge de 67 milliards pour le Pentagone.

Le risque d’un élargissement à l’Arabie saoudite inquiète. Le Pakistan, médiateur dans le dossier iranien et partenaire sécuritaire de Ryad, s’est dit « profondément inquiet » des tentatives d’y entraîner le royaume, réaffirmant son soutien à sa souveraineté. C’est dans ce contexte que Washington prévoit d’annoncer un accord avec Ryad sur un programme nucléaire civil, présenté comme porteur d’investissements pour le secteur nucléaire américain. Marco Rubio a jugé, à Manille, que laisser un État contrôler une voie navigable internationale créerait un « dangereux précédent ».

Sur le plan diplomatique, Sergueï Lavrov a annoncé une rencontre jeudi avec Marco Rubio aux Philippines, consacrée notamment au Moyen-Orient, Moscou ayant condamné les frappes contre son allié iranien. Au Liban, le Premier ministre a réaffirmé depuis le sud du pays la volonté d’obtenir « un retrait israélien global ». Ces développements interviennent après l’effondrement du cessez-le-feu négocié par le Pakistan et conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran, qui devait mettre fin à la guerre ouverte en février et dont la rupture, il y a quelques jours, a précipité la reprise des hostilités.

Lyes Saïdi

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