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Un projet de complexe intégré en partenariat en discussion : Un géant chinois pour décarboner l’acier algérien

Alger et Pékin explorent une piste industrielle inédite. Le géant chinois de l’acier China Baowu Group a été reçu mardi par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, pour discuter d’un projet de complexe intégré d’acier vert en partenariat avec la Société nationale de sidérurgie. Une rencontre qui s’inscrit dans la dynamique de relance de la filière sidérurgique nationale, également portée par le chantier de modernisation du complexe d’El Hadjar.

Le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu mardi à Alger une délégation du géant chinois de l’acier China Baowu Group avec laquelle il a examiné les opportunités de partenariats industriels et d’investissement entre les entreprises nationales et le groupe chinois, notamment dans des projets de développement de l’industrie sidérurgique bas carbone, indique un communiqué du ministère des Hydrocarbures. Le ministère évoque ainsi « un projet industriel stratégique en partenariat avec la Société nationale de sidérurgie (SNS) pour la réalisation, en Algérie, d’un complexe intégré de production de fer réduit à faible teneur en carbone et d’acier vert, reposant sur les ressources énergétiques nationales (gaz naturel et énergies renouvelables) et les technologies industrielles de pointe (technologies de décarbonation) ». L’ambition affichée est claire, faire émerger sur le sol algérien une filière sidérurgique capable de produire un acier à faible empreinte carbone, en s’appuyant sur les atouts gaziers et solaires du pays plutôt que sur le charbon, matière première historique de la sidérurgie mondiale. Elle répond aussi aux impératifs de modernisation de l’industrie sidérurgique nationale et son adaptation aux impératifs de décarbonation, notamment à l’orée de l’instauration de taxes carbone, induisant la difficulté d’accès à certains marchés, particulièrement européens, pour l’acier algérien. 

La rencontre s’est tenue en présence du PDG du groupe Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, de cadres du ministère et du groupe Sonatrach, ainsi que de représentants de la SNS. Elle intervient dans le cadre d’une visite de travail effectuée par la délégation chinoise en Algérie, signe que Pékin regarde de près les opportunités industrielles offertes par le marché algérien dans un secteur où la Chine, premier producteur mondial d’acier, dispose d’une avance technologique reconnue.

Selon le communiqué, les échanges ont permis d’examiner « les opportunités de partenariats industriels et d’investissement entre les entreprises nationales et le groupe chinois, notamment dans des projets de développement de l’industrie sidérurgique bas carbone, conformément aux orientations nationales visant à renforcer l’industrialisation locale, à accroître la valeur ajoutée des ressources nationales et à promouvoir les industries de transformation ». Les deux parties ont également passé en revue les perspectives de coopération dans plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment les solutions technologiques innovantes visant à réduire l’empreinte carbone des industries lourdes et l’adoption de technologies modernes pour éliminer et réduire les émissions, conformément aux engagements de l’Algérie en matière de transition énergétique et de développement durable.

Prenant la parole devant la délégation chinoise, Mohamed Arkab a souligné que le secteur des hydrocarbures accorde une importance particulière au développement de partenariats de qualité avec les grands groupes industriels mondiaux, permettant le transfert de technologies, la localisation d’industries stratégiques et le renforcement du contenu local. Le ministre a mis en avant plusieurs atouts qu’il considère décisifs pour la réussite de ce type de projet, à commencer par la disponibilité en Algérie de ressources énergétiques importantes, d’infrastructures gazières développées et de compétences nationales qualifiées dans les industries de transformation. Il a également cité les programmes menés par Sonatrach en matière de protection de l’environnement et de captage et de stockage du carbone, ainsi que la solidité des relations d’amitié algéro-chinoises, qu’il présente comme des facteurs clés pour la concrétisation de futurs projets industriels dans le domaine de la sidérurgie.

La rencontre a aussi permis d’aborder les perspectives de coopération entre Sonatrach et le groupe chinois pour accompagner les projets industriels proposés, notamment à travers la couverture de leurs besoins en gaz naturel, en produits pétroliers et pétrochimiques, en matières premières et en solutions industrielles destinées à réduire les émissions de carbone, précise encore le communiqué. De son côté, la délégation chinoise a présenté son expérience dans la production d’acier de qualité et d’acier vert, se disant disposée à partager son expertise et à transférer sa technologie à l’Algérie, une démarche censée contribuer au développement d’une industrie sidérurgique bas carbone et renforcer la compétitivité des produits nationaux sur les marchés extérieurs.

Un partenariat avec El Hadjar

Cette prise de contact avec le numéro un mondial de l’acier ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large portée par les autorités algériennes autour de la relance de la filière sidérurgique nationale, dont le symbole reste le complexe d’El Hadjar à Annaba. Cette rencontre intervient d’ailleurs quelques jours après la visite du ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, à Annaba où il a érigé la relance de ce complexe en priorité stratégique, la qualifiant de fondement essentiel pour le développement de l’industrie lourde en Algérie.

Accompagné du wali Abdelkrim Lamouri, le ministre avait alors procédé à une évaluation préliminaire de l’état technique, productif et organisationnel du site, relevant qu’El Hadjar possède une base industrielle considérable et des potentialités importantes, même si certaines de ses installations ont atteint le terme de leur longévité supposée. Un constat qui appelle, selon lui, le lancement d’un programme urgent de modernisation et de remplacement de certains équipements afin de répondre aux critères mondiaux de productivité, d’efficience et de compétitivité. Yahia Bachir avait esquissé quatre axes pour cette réhabilitation, le recours aux techniques les plus récentes de modernisation des moyens de production, l’intégration totale de la chaîne de valeur depuis la réduction directe du fer jusqu’aux produits finis, le renforcement des partenariats industriels internationaux sur le principe du gagnant gagnant et la création d’une véritable valeur ajoutée génératrice d’emplois. Un calendrier qui laisse entrevoir des perspectives de partenariat entre le fleuron algérien de la sidérurgie et le géant chinois.

Samira Ghrib

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