Djanet accueillera le 1er Festival international de l’art rupestre : Un patrimoine, un témoin rare de l’histoire de l’Humanité
Le ministère de la Culture et des Arts organisera à Djanet, du 19 au 24 octobre prochain, la première édition du Festival international de l’art rupestre en Algérie. Une manifestation qui entend replacer le Tassili n’Ajjer et l’ensemble du patrimoine rupestre national au cœur des priorités scientifiques et touristiques du Sud algérien.
Selon un communiqué du ministère de la Culture et des Arts, la première édition du « Festival international de l’art rupestre en Algérie » se tiendra dans la wilaya de Djanet du 19 au 24 octobre prochain. L’événement est « une manifestation culturelle, scientifique et artistique visant à mettre en lumière la richesse du patrimoine rupestre national et à renforcer les efforts visant sa protection, son étude et sa valorisation, notamment dans les régions du Sud ». Organisée sous le patronage du ministère, la manifestation s’inscrit, précise le texte, « dans le cadre des efforts du ministère en matière du recensement, de documentation, de protection et de valorisation des sites archéologiques ».
Le choix de Djanet ne doit rien au hasard. La wilaya est décrite dans le communiqué comme « la porte du Tassili N’Ajjer », l’un des ensembles rupestres les plus étudiés de la planète. Le ministère rappelle à ce titre que le festival revêt « une importance particulière étant donné que l’Algérie recèle de sites exceptionnels d’art rupestre, notamment le Tassili N’Ajjer, considéré comme l’un des plus importants sites d’art rupestre au monde, en raison de ses milliers de peintures et gravures témoignant de différents aspects de la vie sociale, économique et spirituelle de populations humaines installées dans la région durant des millénaires ». Le parc culturel du Tassili n’Ajjer figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 au titre mixte, culturel et naturel. Il reste à ce jour le seul bien algérien classé spécifiquement pour son art rupestre, aux côtés de six autres sites nationaux inscrits sur la même liste, à savoir la Vallée du M’Zab, Timgad, Djémila, Tipasa, la Casbah d’Alger et le parc culturel de l’Ahaggar. Plusieurs autres ensembles rupestres majeurs, notamment ceux de l’Atlas saharien et de la région de Djelfa, continuent de faire l’objet de démarches de classement.
Le communiqué met également en avant « la grande diversité des expressions artistiques rupestres réparties dans plusieurs régions du pays, notamment au sein des parcs culturels, faisant de l’Algérie un espace d’une importance majeure pour l’étude de certaines étapes de l’histoire de l’humanité et de son évolution ». Une richesse que le ministère entend désormais structurer autour d’un rendez-vous récurrent. Le festival « aspire à devenir un rendez-vous scientifique et culturel annuel regroupant les chercheurs, les experts, les institutions spécialisées et les acteurs dans le domaine de la protection et de l’exploitation du patrimoine », permettant « de présenter les résultats des études et des recherches et d’échanger les expertises sur les méthodes de préservation, de documentation et de gestion ». Il s’agira aussi, ajoute le texte, d’examiner « les voies d’intégration des différentes parties concernées dans la préservation de ce patrimoine et son exploitation de manière durable, notamment dans le domaine du tourisme culturel et d’exploration ».
Le programme annoncé associe volet scientifique et volet culturel. Il comprend une rencontre scientifique internationale sur l’étude et la préservation du patrimoine de l’art rupestre en Algérie, des expositions thématiques consacrées à la diversité de cet art à travers les différentes régions du pays, en particulier les sites des parcs culturels, un forum réunissant les différentes parties concernées par la protection des sites et leur exploitation, des journées du film archéologique, ainsi qu’une résidence artistique au profit des étudiants des écoles des beaux-arts de la ville de Djanet.
Valoriser des sites rares
Les retombées attendues dépassent le cadre d’une simple semaine culturelle. Le ministère espère que cette manifestation contribuera à « préserver et valoriser durablement les grands sites d’art rupestre en Algérie, tout en renforçant le développement des connaissances scientifiques qui leur sont liées, ainsi que l’amélioration des mécanismes de leur protection, de leur documentation et de leur gestion, et la promotion de leur valeur universelle exceptionnelle ». À plus long terme, le communiqué évoque la volonté d’« instaurer un cadre scientifique annuel pour présenter les résultats des études relatives à l’art rupestre, publier une revue scientifique spécialisée, organiser une exposition thématique annuelle et créer un espace permanent de concertation entre les différents acteurs de la protection des parcs culturels ». Le ministère entend enfin « œuvrer à la généralisation des principes de l’exploitation touristique durable des grands sites d’art rupestre en Algérie », un enjeu de taille pour des régions sahariennes où la valorisation du patrimoine reste étroitement liée aux questions de sécurité, d’accessibilité et de formation des acteurs locaux du tourisme. Le ministère de la Culture et des Arts affirme enfin vouloir confirmer « l’engagement du secteur de la Culture et des Arts à poursuivre la protection du patrimoine archéologique national », mettre en avant « la place de l’Algérie dans l’étude du patrimoine préhistorique » et transformer cet héritage exceptionnel « en un espace de connaissance, d’échange, de création et de développement culturel et touristique durable ».
Mohand Seghir

