Batna : La baisse de la nappe met les réseaux AEP sous pression
La baisse du niveau de la ressource souterraine commence à peser sur l’alimentation en eau potable à N’Gaous, dans la wilaya de Batna. La diminution du débit du puits de Melghigh, l’une des principales ressources mobilisées pour alimenter la population, rappelle la vulnérabilité des systèmes d’approvisionnement dépendant des eaux souterraines et, surtout, l’urgence d’une gestion durable de cette ressource vitale.
La situation du puits de Melghigh à N’Gaous illustre une nouvelle fois la pression qui s’exerce sur les ressources hydriques dans plusieurs régions du pays. La baisse de la nappe phréatique affecte désormais la capacité de cet ouvrage à maintenir son débit habituel, avec des répercussions directes sur la régularité de la distribution d’eau potable dans certains quartiers de la commune. Dans un communiqué adressé aux habitants ce lundi, le président de l’Assemblée populaire communale (APC) a expliqué que les perturbations enregistrées étaient liées au recul de la ressource souterraine. Une situation qui limite les capacités de production du puits et complique, par conséquent, la desserte régulière de plusieurs zones de N’Gaous. Face à cette contrainte, les services communaux ont engagé différentes interventions techniques afin d’améliorer le rendement de l’ouvrage. La pompe du puits a notamment été renouvelée et d’autres mesures ont été prises pour optimiser son fonctionnement et permettre une exploitation aussi efficace que possible de la ressource disponible. Ces interventions permettent toutefois de maintenir le service dans les meilleures conditions possibles sans pouvoir résoudre à elles seules le problème de fond : celui de la disponibilité de la ressource. Lorsque le niveau de la nappe diminue, l’amélioration des équipements ne peut que partiellement compenser la baisse naturelle du débit. Le fonctionnement d’un ouvrage hydraulique demeure en effet directement lié à l’état de la ressource qu’il exploite. Le cas de N’Gaous met ainsi en évidence l’importance stratégique des eaux souterraines dans l’alimentation des populations, particulièrement dans les territoires où elles constituent une composante essentielle du système d’approvisionnement. Leur préservation ne relève donc plus uniquement d’une question environnementale, mais également d’un impératif de sécurité hydrique et de continuité du service public. Dans un contexte marqué par le stress hydrique et les effets des changements climatiques, la recharge des nappes peut devenir plus irrégulière, tandis que la pression exercée sur les ressources augmente. Le ministère de l’Hydraulique appelle d’ailleurs régulièrement à une gestion rationnelle et rigoureuse de l’eau et insiste sur la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement afin de mieux sécuriser l’alimentation en eau potable. Cette approche implique notamment de mieux surveiller l’évolution des nappes, d’adapter les volumes prélevés aux capacités réelles de renouvellement de la ressource, mais aussi de lutter contre les pertes et les usages excessifs. La préservation passe également par la protection des zones de recharge des nappes et par une meilleure valorisation des ressources alternatives lorsque celles-ci sont disponibles. À l’échelle nationale, les autorités publiques mettent de plus en plus l’accent sur la diversification des ressources, notamment à travers la mobilisation des eaux souterraines, les transferts, les barrages et le dessalement de l’eau de mer. L’objectif est de réduire la vulnérabilité des réseaux lorsqu’une source connaît une baisse de disponibilité. La sensibilisation des citoyens constitue également un maillon essentiel de cette stratégie. Le ministère de l’Hydraulique et l’Agence nationale de sécurité sanitaire ont récemment appelé à inscrire durablement les pratiques de rationalisation de la consommation dans les comportements quotidiens, en rappelant que l’eau constitue une ressource vitale et un patrimoine commun, dont la préservation relève d’une responsabilité collective. À N’Gaous, l’urgence reste naturellement le rétablissement d’une distribution plus régulière au profit des quartiers affectés. Les services communaux assurent poursuivre les interventions techniques et le suivi de l’évolution du puits de Melghigh, tout en appelant les habitants à faire preuve de compréhension.
Zakia Merabet

