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Téhéran et Mascate s’accordent sur un nouveau tracé de navigation : La porte d’Ormuz restera fermée malgré l’accord

Une réunion doit rassembler lundi à Salalah les ministres des Affaires étrangères des pays du Golfe pour officialiser ce texte, tandis qu’une nouvelle frappe contre un navire dans le détroit relance dimanche les inquiétudes sur la sécurité des approvisionnements énergétiques.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a annoncé dimanche un accord avec Oman sur une nouvelle route de navigation dans le détroit d’Ormuz, mais un responsable proche du dossier a assuré que cet arrangement ne rouvrait en rien la voie maritime, fermée par l’Iran depuis le début de la guerre en février. C’est depuis New Delhi que le président iranien Massoud Pezeshkian a fait l’annonce. Des chefs de la diplomatie de plusieurs pays arabes se réuniront lundi à Mascate pour signer un texte instaurant un corridor commun entre Oman et l’Iran concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, avant d’en informer l’Organisation maritime internationale. Un responsable proche de l’équipe de négociation iranienne a précisé à l’agence Tasnim que cet accord était le fruit de discussions techniques et diplomatiques intenses, conclues fin août et début septembre entre Téhéran et Mascate.

Selon la même source, la présence des autres pays riverains du Golfe et de l’Irak à cette rencontre vise uniquement à les informer des détails du tracé et des modalités de transit, de façon à montrer implicitement à la communauté internationale qu’ils ne s’opposent pas à cet arrangement bilatéral. Le texte fixe les caractéristiques des nouvelles routes d’entrée et de sortie du détroit. La voie d’entrée dans le Golfe se situera entièrement dans les eaux territoriales iraniennes, tandis qu’une partie de la voie de sortie relèvera également de la souveraineté maritime de Téhéran.

Le responsable iranien a insisté sur le fait que la circulation empruntera ce nouveau tracé selon des dispositions fixées par l’Iran. Une fois ce mécanisme mis en œuvre, la route méridionale, celle que Washington réclamait depuis des mois et qui avait nourri la dernière escalade, sera fermée. « Cet accord ne signifie en aucun cas la réouverture du détroit d’Ormuz », a martelé la source, ajoutant que Téhéran avait transmis aux Américains, par l’intermédiaire de médiateurs, sept conditions préalables à toute réouverture. Le détroit demeurera fermé tant que ces conditions, validées par les plus hautes instances de la République islamique, ne seront pas satisfaites.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé cette ligne dans un entretien accordé au média Al Araby Al Jadeed. Il a indiqué que la rencontre de lundi porterait sur cette nouvelle route maritime et que Téhéran fournirait aux participants les cartes correspondantes. Il a précisé que la réouverture complète du détroit resterait conditionnée au respect par Washington de ses engagements pris dans le cadre du protocole d’entente d’Islamabad, ajoutant que la sécurité régionale devait, selon Téhéran, relever exclusivement des pays de la zone. Les agences iraniennes Irna et Isna ont présenté ce rendez-vous, organisé dans le port omanais de Salalah en l’absence de Bahreïn, comme la première pierre d’un futur cadre régional de coopération sécuritaire dans le Golfe.

Sur le terrain, la tension autour d’Ormuz ne faiblit pas. Des organismes de surveillance du trafic maritime ont signalé dimanche une nouvelle attaque contre un navire dans le détroit. L’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a fait état d’un bâtiment touché par un projectile durant son passage, précisant que les autorités locales avaient évacué l’équipage après le déclenchement d’un incendie. Les autorités iraniennes ont pour leur part évoqué un navire marchand frappé au large des îles de Hengam et de Qeshm, faisant un mort et trois blessés. Cet épisode survient après la fermeture provisoire, par mesure de précaution, d’un oléoduc saoudien reliant l’est à l’ouest du royaume à la suite d’une attaque de drones.

Le dossier s’inscrit dans un contexte régional tendu. L’Irak a annoncé la réouverture progressive de trois postes-frontières avec l’Iran, fermés après que des tirs de drones visant l’oléoduc saoudien eurent été localisés en territoire irakien. À Washington, le président Donald Trump a balayé d’un revers de main les enjeux de la rencontre de Mascate, affirmant depuis l’Irlande que ce dossier ne le concernait pas.

Lyes Saïdi

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