Culture

Palais des Rais : Les « Phares de Croatie » au cœur d’une exposition

Sous les remparts qui regardaient jadis la Méditerranée guetter les voiles ennemies, c’est une autre lumière qui a brillé cette semaine. Celle des phares. Le palais des Raïs, ce Bastion 23 niché au pied de la Casbah d’Alger comme un dernier gardien de pierre face à la mer, a ouvert ses portes à l’exposition « Phares de Croatie », un rendez-vous artistique qui vient rappeler que l’Adriatique et la Méditerranée algéroise partagent bien plus qu’un même bassin. L’événement a été inauguré par la directrice du Centre des arts et de la culture au palais des Raïs, la docteure Faiza Riach, aux côtés de l’ambassadeur de la République de Croatie en Algérie. Une représentante du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger était également présente, entourée d’un parterre conséquent de membres du corps diplomatique accrédité à Alger, de représentants d’institutions officielles et des cadres du centre. Organisée par l’ambassade croate, la manifestation s’inscrit dans cette diplomatie douce que seule la culture sait pratiquer, celle qui ne signe pas de traités mais tisse des liens plus durables qu’eux.

À travers une série d’œuvres picturales, le visiteur est invité à suivre les faisceaux des phares croates, ces sentinelles de pierre et de lumière qui veillent depuis des siècles sur les côtes dalmates. Bien plus que de simples aides à la navigation, ces monuments racontent une civilisation entière tournée vers le large, un peuple qui a fait de la mer une seconde patrie et du phare un symbole d’endurance face aux tempêtes.

Le choix du lieu n’est pas anodin. Ce palais, dont l’histoire remonte à 1576, quand le raïs Mami Arnaout éleva sur ordre du dey Ramadan Pacha une batterie destinée à protéger le flanc nord-ouest de la ville, porte lui-même la mémoire d’une Alger tournée vers l’horizon marin. Classé monument historique puis inscrit au patrimoine mondial de l’humanité aux côtés de la Casbah, restauré à la fin des années 1980 avant de devenir en 1994 un centre voué à la création, il offre à cette exposition un écrin où l’histoire dialogue naturellement avec l’art contemporain.

Car au fond, c’est bien de dialogue qu’il s’agit. Cette rencontre entre les phares croates et les remparts algérois ouvre un espace de rapprochement entre deux cultures façonnées par la mer, deux peuples qui ont appris d’elle la patience, la résistance et le goût du large. L’exposition permet aussi de faire découvrir un pan de la richesse patrimoniale croate, loin des clichés touristiques, dans ce qu’elle a de plus authentique. « Phares de Croatie » reste visible jusqu’au 26 septembre 2026. Une invitation à venir, dans les salles du palais des Raïs, laisser la lumière de ces tours lointaines éclairer, le temps d’une visite, la beauté du patrimoine maritime et culturel algérien.

Mohand S.

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