Festival International du Film d’Alger : CineMarket 2026 tend la perche aux films en quête d’un nouveau souffle
Le Festival International du Film d’Alger a annoncé, samedi, l’ouverture des inscriptions pour la deuxième édition du CineMarket, son espace professionnel dédié à l’aide à la post-production. Rendez-vous fixé du 7 au 11 décembre à l’Office Riadh El Feth, en plein cœur de la 13e édition du festival qui occupera la capitale du 5 au 12 décembre. Placé sous la tutelle du ministère de la Culture et des Arts, ce dispositif s’adresse aux sociétés de production nationales portant des œuvres arrivées au stade impératif du « picture lock », c’est-à-dire la fin du montage image, tous genres confondus, fiction, documentaire et animation.
Dans son communiqué, le festival rappelle la vocation du CineMarket, initié en 2025, celle de « structurer et d’accompagner durablement la filière nationale ». L’ambition dépasse le simple coup de pouce financier. Le texte évoque la volonté de « stimuler l’emploi culturel local, faciliter les coproductions et amorcer la constitution d’un catalogue patrimonial d’œuvres cinématographiques appelé à rayonner en Algérie et à l’international ».
Concrètement, dix projets seront retenus parmi les dossiers reçus. Leurs porteurs bénéficieront d’un accompagnement professionnel personnalisé, fait de rencontres individuelles avec des professionnels du cinéma reconnus à l’échelle nationale et internationale. Le règlement diffusé par l’organisation précise que cet accompagnement « vise à offrir aux créateurs les meilleures conditions pour finaliser et valoriser leurs œuvres, tout en facilitant leur insertion dans les réseaux professionnels ». Fait notable, les porteurs de projets résidant hors d’Alger verront leur séjour pris en charge intégralement par le festival, une manière d’ouvrir la porte aux équipes de l’intérieur du pays et pas seulement à celles de la capitale. L’ancrage local reste toutefois une condition ferme. Les projets soutenus « doivent être réalisés essentiellement avec le concours d’auteurs, d’acteurs principaux, de techniciens et de collaborateurs de création algériens », insiste le document, histoire de rappeler que le dispositif vise avant tout à consolider les compétences du pays et soutenir l’industrie cinématographique nationale.
Sur le plan pratique, les candidats doivent constituer un dossier complet comprenant note d’intention, bio filmographie du cinéaste, note de post-production détaillant les besoins techniques restants, calendrier prévisionnel de finalisation, contrats de cession de droits d’auteur et curriculum vitae de l’ensemble des parties prenantes, réalisateur, société de production, coproducteurs et compositeur. Les candidatures se déposent exclusivement en ligne sur ficinema.dz/le-marche, la participation et l’accréditation restant gratuites cette année encore. Le calendrier ne laisse guère de place à l’attente. La clôture des soumissions est fixée au 20 octobre à 23h59, heure d’Alger, et les résultats des sélections seront communiqués dix jours plus tard, le 30 octobre. Les dix films retenus seront ensuite présentés devant un jury professionnel les 10 et 11 décembre, dans des séances de projection et de discussion réservées aux accrédités et fermées au grand public. Deux prix seront décernés à l’issue de ces échanges, l’un pour le meilleur projet de long métrage, l’autre pour le court métrage.
Pour resituer l’événement dans son contexte, l’édition inaugurale du CineMarket, en 2025, avait déjà sélectionné dix projets et distingué deux lauréats, la scénariste et productrice Sarah Bertima côté fiction et l’auteur réalisateur Djamel Lekhal côté documentaire. Cette édition 2026 s’inscrit par ailleurs dans une dynamique plus large pour le festival, qui a lui aussi revu son calendrier de sélection des films en compétition. L’appel à films de la 13e édition, ouvert en juillet, a vu sa date limite repoussée du 1er septembre au 15 septembre pour laisser davantage de temps aux cinéastes, avec à la clé la création d’une nouvelle section « Découverte » consacrée aux nouveaux talents et aux écritures singulières.
Reste que le CineMarket occupe une place à part dans cet ensemble. Contrairement à la compétition officielle, ouverte aux films finis, il s’adresse à des œuvres encore en chantier, avec cette idée simple qu’un bon film algérien mérite parfois qu’on l’aide à franchir la dernière ligne droite. Pour toute question technique liée aux inscriptions, les organisateurs orientent les candidats vers l’adresse applications@ficinema.dz.
Mohand S.

