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Guerre au Moyen-Orient : Téhéran écarte toute reprise des négociations avec Washington

Téhéran a écarté mardi toute reprise des négociations avec Washington tant que ses conditions ne seraient pas satisfaites, tandis qu’un rapport du Pentagone révélait une pénurie de munitions liée au conflit et que les tensions gagnaient un second détroit stratégique, celui de Bab el-Mandeb. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, a affirmé sur le réseau X qu’« aucune négociation n’aura lieu tant que les conditions de l’Iran ne seront pas remplies ». Il a appelé à ne pas se laisser distraire par ce qu’il a présenté comme des signaux contradictoires du président américain Donald Trump, celui-ci alternant entre le refus de négocier et une disponibilité affichée au dialogue. Le responsable iranien a également estimé que « les équations liées au pétrole et au détroit ont changé », jugeant que les tentatives de limiter les répercussions de la situation ne suffiraient pas à empêcher son évolution.

Les efforts diplomatiques menés par le Pakistan pour ramener Téhéran et Washington à la table des négociations restent dans l’impasse, après qu’un mémorandum d’entente signé à Islamabad en juin avait permis une brève accalmie, avant que les échanges de frappes militaires ne reprennent. Le détroit d’Ormuz demeure au cœur du différend. L’Iran en contrôle l’accès depuis sa fermeture, décidée après les frappes américano-israéliennes fin février, perturbant l’approvisionnement énergétique mondial. Cette situation pourrait s’aggraver après la fermeture par l’Arabie saoudite de l’oléoduc Petroline, qui constituait une voie de contournement partielle du détroit. Le baril de Brent a progressé d’environ 76 % depuis le début de l’année, dans un contexte marqué par la prolongation du conflit américano-iranien, des attaques contre des navires dans le détroit d’Ormuz et la fermeture de champs pétroliers. Selon des données préliminaires de la société de suivi maritime Kpler, le nombre de navires ayant traversé le détroit d’Ormuz est passé de dix à quatre entre dimanche et lundi.

Par ailleurs, le ministère américain de la Défense a reconnu, dans un rapport publié lundi, une pénurie de munitions liée à l’opération militaire contre l’Iran, un constat que l’administration Trump avait jusqu’ici refusé de confirmer. Le rapport de l’inspecteur général du Pentagone évalue le coût de cette opération, entre le 28 février et le 30 juin, à environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards consacrés aux munitions. Le document souligne toutefois les mesures prises pour accélérer la production, alors que Donald Trump avait affirmé début septembre que les États-Unis disposaient de « quantités pratiquement illimitées » de munitions.

Le rapport fait également état de dégâts importants subis par des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie, ainsi que de pertes matérielles incluant quatre avions F-15 détruits, un F-35 endommagé, sept ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits et jusqu’à trente drones MQ-9 Reaper détruits. Plus de 50 000 militaires américains seraient impliqués dans ce conflit déclenché le 28 février.

Tensions dans le détroit de Bab el-Mandeb

La tension s’étend également au détroit de Bab el-Mandeb, où les rebelles houthis yéménites ont renforcé leur contrôle sur plusieurs positions stratégiques. Le Conseil de sécurité de l’ONU devait se réunir mardi à ce sujet, à la demande de la France. Le Qatar a averti qu’une fermeture de ce passage serait « catastrophique » pour l’économie mondiale, appelant à la diplomatie. De son côté, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a fait état de plus de 100 000 déplacés depuis la reprise des combats début septembre dans l’ouest du Yémen. Dans ce contexte, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi doit se rendre mercredi à Pékin pour rencontrer son homologue chinois Wang Yi, dans le cadre des efforts de médiation engagés par la Chine.

L.S.

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