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Ghaza : Le CICR tire la sonnette d’alarme

Près de trois ans après le début de l’agression génocidaire sioniste, les Palestiniens de la bande de Ghaza continuent de subir la mort et la destruction au quotidien, a alerté vendredi le porte parole du Comité international de la Croix Rouge (CICR), Pat Griffiths, alors que les autorités sanitaires palestiniennes ont annoncé samedi un bilan de 73.910 martyrs et 174.914 blessés depuis le 7 octobre 2023. Présent à Ghaza pour une visite d’une semaine, le responsable du CICR a voulu rappeler une réalité que l’actualité tend à reléguer au second plan. Selon lui, la souffrance y est réelle et quotidienne, même quand l’enclave quitte la une des journaux. Il a décrit des vies bouleversées d’une manière difficile à imaginer, avec des enfants privés d’école, des malades qui n’ont accès ni aux soins spécialisés ni au traitement de leurs maladies chroniques, et des familles qui ont perdu leur maison et leurs moyens de subsistance. Beaucoup d’habitants restent par ailleurs sans nouvelles de leurs proches, sans même savoir s’ils sont détenus ou morts. Les besoins humanitaires demeurent immenses dans toute l’enclave, a poursuivi Griffiths, qui cite la nourriture, l’eau, l’hébergement et les soins de santé. Il a pointé la difficulté majeure à laquelle se heurtent les équipes du CICR, celle de l’accès. Pour secourir les personnes dans le besoin, a-t-il expliqué, il faut pouvoir les atteindre où qu’elles se trouvent, y compris dans les lieux de détention, ce qui n’est pas toujours possible. Il a rappelé que garantir cet accès est une obligation qui incombe aux parties à un conflit armé et aux puissances occupantes, un élément qui échappe totalement au contrôle des acteurs humanitaires. Le tableau sanitaire reste alarmant. Les hôpitaux et les centres de soins primaires manquent toujours de médicaments et de matériel médical, tandis que la pénurie de carburant et d’huile moteur menace le fonctionnement des générateurs, vitaux pour les structures de santé. La population, a-t-il souligné, a désespérément besoin d’une alimentation de meilleure qualité et plus nutritive. Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires palestiniennes confirment que le sang continue de couler. Au cours des dernières 48 heures, les hôpitaux de la bande ont reçu les corps de quatre martyrs et 17 blessés. Depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 10 octobre dernier, 1.390 Palestiniens ont été tués et 4.801 autres blessés, tandis que 831 dépouilles ont été récupérées. De nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres, hors de portée des équipes de secours et de sauvetage. Face à cette situation, le CICR réitère son appel à permettre l’entrée sans restriction des denrées alimentaires, des médicaments et des biens essentiels, ainsi que leur acheminement vers ceux qui en ont besoin. Un appel qui prend tout son sens à Ghaza, où chaque jour de blocage se paie en vies humaines.

L.S.

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