Économie

Industrie automobile : Kourtel impose la localisation de la production des composants plastiques

Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a reçu samedi à Alger les représentants des entreprises algériennes agréées dans la fabrication de véhicules, pour une rencontre consacrée à la localisation des composants plastiques et au renforcement de l’intégration nationale. Selon le communiqué du ministère, les échanges ont porté sur « les moyens de bâtir une industrie nationale intégrée des véhicules », en application de la stratégie de l’État visant à « relever le taux d’intégration, consolider la sous-traitance et élargir la base de production locale des composants et des pièces de rechange ».

Le ministre a demandé d’accélérer la coordination avec General Plastic Injection, filiale du groupe ACS installée à Tissemsilt, afin qu’elle fabrique les pièces plastiques propres à chaque usine. Les constructeurs fourniront les moules nécessaires, de manière à couvrir localement la totalité de leurs besoins. Le communiqué précise que cette orientation « a reçu un écho favorable » chez les opérateurs, qui se sont engagés à livrer les moules pour permettre à GPI de démarrer la production « dans les meilleurs délais ». Les services du ministère, promet-il, accompagneront ce processus.

Ce rendez-vous n’arrive pas par hasard. Depuis février, les pouvoirs publics resserrent les règles autour du taux d’intégration, longtemps calculé sur une base financière qui englobait salaires, transport, électricité ou formation. Un arrêté publié au Journal officiel du 23 juillet 2026 a fixé les tables de référence qui mesurent désormais la part réelle des pièces fabriquées en Algérie dans chaque véhicule assemblé. Les constructeurs installés, dont Fiat, JAC ou Tirsam, se sont engagés à atteindre 30 % au bout de cinq années d’activité, et l’ambition affichée par le ministère peut aller jusqu’à 60 %. Chez Stellantis, à Tafraoui, on visait 30 % dès cette année, avec 20 % de pièces locales attendues sur la future Grande Panda. La plasturgie est un chaînon logique de cette construction. GPI, ancienne Plastic Algeria Components, est une usine issue des biens confisqués par décision de justice définitive, remise en route sous l’égide d’ACS. Lancée officiellement le 29 avril par le Premier ministre Sifi Ghrieb, elle devait entrer en production en septembre, avec l’ambition de s’imposer comme équipementier de rang 2 et 3, entre les fournisseurs de matière et les assembleurs. Des éléments d’habillage intérieur aux pièces fonctionnelles, elle vise un large éventail de besoins.

Le schéma retenu a un mérite évident. En centralisant la fabrication à Tissemsilt autour des moules apportés par chaque marque, il crée des volumes et évite la dispersion de petits ateliers. Mais l’essentiel reste devant. La qualité, l’homologation des pièces et le respect des délais diront si les constructeurs jouent réellement le jeu. Une industrie automobile ne tient debout que si un tissu dense de sous-traitants prend le relais des chaînes d’assemblage, et c’est précisément ce réseau que l’État cherche à consolider, pièce après pièce.

Samir Benisid

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