Les premières vaches américaines devraient arriver en Novembre : Le projet Baladna se concrétise
Les premières vaches laitières américaines fouleront le sol d’Adrar le 25 novembre prochain. Avec 3,5 milliards de dollars d’investissement, plus de 219 000 hectares et un cheptel de 270 000 têtes visé à terme, le projet Baladna quitte le stade des annonces pour celui de la production, avec la la production de poudre de lait attendue fin 2027.
Le compte à rebours est lancé à Adrar. Le premier troupeau de vaches laitières importées des États-Unis est attendu le 25 novembre prochain, une date confirmée par Baladna El Djazair dans une vidéo diffusée cette semaine sur ses réseaux sociaux. Le grand chantier saharien, présenté comme le plus ambitieux projet laitier du pays, passe ainsi de la préparation des terrains à la production effective.
Les chiffres donnent la mesure de l’affaire. Porté par une société détenue à 51 % par le groupe qatari Baladna et à 49 % par le Fonds national d’investissement, le programme représente un investissement global annoncé de 3,5 milliards de dollars. Le complexe s’étend sur plus de 219 000 hectares et vise à terme un cheptel de 270 000 vaches, accueillies progressivement sur neuf ans. Une première tranche de 550 millions de dollars a été lancée en 2025, suivie d’un second lot de contrats de plus de 635 millions signé à Alger le 23 avril dernier, qui couvre l’achat des animaux, le génie civil et une centrale à béton.
Sur le terrain, l’entreprise assure que l’eau, le fourrage, les hangars, la climatisation et les routes sont prêts. 21 foreuses ont déjà creusé 46 puits et 34 autres sont en cours, tandis que 11 systèmes d’irrigation en pivot fonctionnent et que 17 devraient s’y ajouter avant la fin septembre. La première moisson d’orge a eu lieu à Tamest en mai. Plus de 2 000 ouvriers s’activent sur les ateliers d’équipement et les infrastructures, pendant qu’une campagne de recrutement se poursuit à l’échelle nationale.
Le transport du bétail relève lui aussi de l’exploit logistique. 30.000 Holstein venues de neuf États américains doivent rejoindre Adrar par un pont aérien de 109 vols cargo, de novembre 2026 à août 2027. La production de lait en poudre est attendue pour la fin de 2027, avec une capacité visée d’environ 194 000 tonnes par an, de quoi couvrir près de la moitié des besoins du marché national et alléger une facture d’importation qui pèse lourd sur les réserves de change. Baladna exploite déjà depuis 2014 une ferme de plus de 24 000 vaches au Qatar, une référence technique dans un climat lui aussi exigeant.
Soulignons que le projet porte un véritable enjeu de sécurité alimentaire pour l’Algérie. Le pays importe l’essentiel de la poudre qui alimente ses laiteries et paie cette dépendance en devises, au gré des cours mondiaux. Baladna promet de couvrir près de la moitié de ces besoins depuis le Sahara, avec du fourrage cultivé sur place et des vaches élevées sur le sol national.
Amar Malki

