Économie

Hydrogène vert : Alger et Berlin passent des déclarations aux affaires

Les industriels allemands et algériens se donnent rendez-vous ce  lundi à Alger pour parler hydrogène vert et stockage de l’énergie, deux mois après la visite d’État du président de la République Abdelmadjid Tebboune à Berlin. À l’initiative de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie, la rencontre doit traduire l’élan politique en partenariats concrets.

Ce forum ouvre une tournée qui mènera les opérateurs allemands à Alger, puis à Tunis, du 21 au 25 septembre, dans le cadre de l’initiative allemande d’exportation dans le domaine de l’énergie. Entreprises, fédérations sectorielles, cadres de ministères des deux pays et organisations professionnelles sont attendus. La Chambre espère un rapprochement entre opérateurs et l’identification de projets, surtout dans l’hydrogène vert, les renouvelables et le stockage. Côté allemand, l’offre est large avec des entreprises spécialisées dans électrolyse, traitement et dessalement de l’eau, stockage et compression, pompes et équipements industriels, reconversion de gazoducs existants, ingénierie, certification et études de faisabilité. Le programme fait une large place au SoutH2 Corridor, l’infrastructure censée exporter l’hydrogène vert algérien vers l’Europe. Une table ronde sur les perspectives bilatérales et des rencontres B2B sont aussi prévues. Pour la Chambre, l’événement s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’hydrogène et du programme des énergies renouvelables. Reçu les 15 et 16 juillet par le président allemand Frank-Walter Steinmeier puis par le chancelier Friedrich Merz, le Président Tebboune a bouclé à Berlin une visite d’État marquée par une trentaine d’accords et une déclaration commune sur un agenda stratégique du partenariat. Il y a présenté l’Algérie comme « un fournisseur fiable qui ne se dérobe jamais à ses engagements » et fait état de 900 millions de dollars de projets allemands déposés au guichet unique de l’AAPI.

Sur le volet gazier, Sonatrach et l’allemand VNG ont signé à Berlin un nouveau contrat d’approvisionnement, en présence du ministre d’État Mohamed Arkab, qui y voit la confirmation du statut de l’Algérie de « fournisseur sûr et fiable de l’énergie ». Les livraisons vers le marché allemand augmenteront à partir du 1er janvier 2027, sans que volumes, durée ni valeur ne soient rendus publics. Le 2 juillet, Sonatrach avait déjà livré sa première cargaison de GNL à l’Allemagne, chargée à Bethioua, dans la wilaya d’Oran. La presse spécialisée relève que la fermeture du détroit d’Ormuz depuis février a renforcé l’attrait du gaz algérien pour Berlin.

Reste l’hydrogène, le pari d’avenir. Le SoutH2 Corridor vise jusqu’à 4 millions de tonnes par an, sur quelque 3 300 km via la Tunisie, l’Italie et l’Autriche, en partie sur des gazoducs reconvertis. Il est porté par Sonatrach, Sonelgaz, VNG, Snam, Sea Corridor et Verbund, et reconnu par la Commission européenne comme projet d’intérêt commun. Mais l’horizon visé est 2030, et financement, débouchés et calendrier restent à consolider. C’est à ces questions que les opérateurs réunis lundi devront apporter des réponses.

Samira Ghrib

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