Conflit au Moyen-Orient : Téhéran transmet ses conditions pour rouvrir Ormuz, Trump évoque une « phase de décision »
L’Iran a indiqué, dimanche, avoir transmis aux États-Unis les conditions qu’il pose à la réouverture du détroit d’Ormuz, alors que le président américain Donald Trump affirme être entré dans une « phase de décision » à l’égard de la guerre qui oppose les deux pays depuis plusieurs mois. Le négociateur en chef iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré, cité par la télévision d’État, que « tant que les conditions ne seront pas remplies » et que les engagements américains ne seront pas respectés, il sera « impossible de revenir à la situation antérieure aux négociations et à l’ouverture du détroit d’Ormuz ». Selon lui, les messages de Téhéran et l’explication de ses conditions ont été « clairement transmis » aux États-Unis par des médiateurs. Le contenu précis des engagements américains évoqués n’a pas été détaillé dans les propos rapportés. La veille, le général Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, avait indiqué que ces conditions avaient été communiquées via le Qatar. Côté iranien, elles se résument, dans un entretien accordé à Al Jazeera, à la fin de la guerre sur tous les fronts, au déblocage des fonds gelés du pays et à la levée du blocus naval américain.
Le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est, selon l’AFP, fortement perturbé par Téhéran depuis le début des hostilités, déclenchées le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l’Iran. Les États-Unis mènent, en retour, un blocus des ports iraniens. Dimanche également, les forces armées iraniennes ont mis en garde les États-Unis et les pays de la région contre toute attaque visant l’Iran, a rapporté la télévision d’État. Dans un communiqué, le commandement central Khatam al-Anbiya a averti que, si les États-Unis « commettent une erreur », tous leurs intérêts et installations dans la région seraient la cible d’« attaques continues et douloureuses ». Les pays de la région qui s’allieraient à l’« agression » américaine seraient, selon le même texte, « considérés comme complices » et ne pourraient plus « espérer de retenue » de la part des forces iraniennes.
Côté américain, Donald Trump multiplie les menaces. « Ma question est de savoir si et quand je dois faire exploser tout le pays. Ils feraient mieux de se comporter », a-t-il déclaré au réseau Fox News. Le président US a présenté plusieurs options, de la destruction du pays à la possibilité de le laisser « pourrir » économiquement, en passant par la négociation d’un accord. Il a ajouté que « de très grandes choses vont se produire dans un avenir pas si lointain », selon des propos rapportés par l’agence Anadolu. Sur le plan diplomatique, M. Trump s’est dit « probablement ouvert » à une rencontre avec le président iranien Massoud Pezeshkian, alors que la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU s’ouvre lundi. Le Qatar et le Pakistan assurent une médiation entre Téhéran et Washington : selon la diplomatie iranienne, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, devait se rendre dimanche à Téhéran pour des discussions. Le président américain a par ailleurs indiqué que Washington restait en contact permanent avec les Houthis du Yémen, après leurs récentes attaques aux missiles balistiques visant l’Arabie saoudite. Selon lui, le groupe a accepté d’éviter tout affrontement avec les forces américaines. Les modalités de cet engagement n’ont pas été précisées dans les propos rapportés.
L.S.

