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Réunion à Bruxelles : La cause rifaine réclame la parole et charge le Makhzen

Diplomates, juristes et militants venus de plusieurs pays ont exigé samedi à Bruxelles que le dossier du Rif sorte du silence où il est enfermé et que le droit du peuple rifain à l’autodétermination soit enfin entendu par l’opinion internationale.  Réunis pour une conférence consacrée à la « question rifaine », responsables politiques, défenseurs des droits humains, journalistes et experts en droit ont passé le dossier au crible sous ses angles historique, politique et juridique. Youba Ghedioui, vice président du Parti national rifain, a expliqué que la rencontre, montée avec un tel retentissement médiatique et diplomatique, avait pour but de briser l’omerta qui pèse sur la région depuis des décennies. Il a dénoncé un Rif passé de l’occupation espagnole à l’occupation marocaine sans que ses habitants aient eu leur mot à dire, pour entrer dans une nouvelle ère de conflit, de répression et de souffrance.

L’analyste géopolitique Carlos Sánchez a jugé que cette occupation est incompatible avec le droit international et s’est dit très inquiet des alliances tissées par Rabat dans la région. Sa consœur Isabel Valero pense que la cause gagne en écho et en soutien dans l’espace européen, et que la revendication d’indépendance, adossée au droit, à l’histoire et à la culture, est parfaitement légale. Le ton le plus dur est venu de Coldo Salazar López, pour qui le Maroc n’est pas un partenaire fiable. Il lui reproche de pousser ses propres citoyens à se jeter vers les côtes européennes, sans parler de l’occupation du Rif et du Sahara occidental. Il accuse le Makhzen de manipuler l’émigration clandestine comme une guerre hybride, dirigée contre l’Espagne mais aussi contre l’Union européenne tout entière, alors qu’il empoche chaque année des milliards de dollars pour garder ses frontières. À propos de Ceuta, fin juillet, il l’accuse d’avoir coordonné le passage massif, qu’il qualifie d’« invasion » des côtes espagnoles par des foules de migrants marocains en situation irrégulière.

Le même jour, le Parti national rifain avait défilé pacifiquement dans la capitale belge pour réclamer le droit à l’autodétermination, la liberté, l’indépendance et le départ de l’occupant marocain. Ces rendez-vous marquent les 105 ans de la proclamation de la République du Rif.

Lyes S.

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