Méga-usine de dessalement à Tizi-Ouzou : Treize sites en lice pour recevoir le projet
Treize terrains sont en lice pour accueillir la future méga-usine de dessalement d’eau de mer de Tizi-Ouzou, d’une capacité de 300 000 m³/jour, ont indiqué dimanche les services de la wilaya, qui veulent voir le site définitif arrêté sans tarder. Le dossier a été examiné lors d’une récente séance de travail présidée par le wali, Aboubakr Essedik Boucetta. Huit sites avaient d’abord été proposés ; une visite de la commission de wilaya, le 25 mars dernier, sur le littoral d’Azeffoun et d’Iflissen, en a fait recenser cinq de plus. L’ensemble a été soumis à l’expertise technique de l’Algerian Desalination Company (ADC), chargée de la réalisation, qui a reçu le feu vert des autorités pour désigner la parcelle répondant le mieux aux « impératifs techniques, environnementaux et économiques » exigés par une infrastructure de cette ampleur. Le wali a insisté pour que le choix soit fait « dans les plus brefs délais », afin d’engager sans attendre les procédures réglementaires et opérationnelles préalables au lancement des travaux. Les parties prenantes ont été exhortées à « accélérer les démarches » pour ce « projet stratégique », qui doit garantir la sécurité hydrique de la wilaya et des régions limitrophes. Ce dossier s’inscrit dans le deuxième programme national complémentaire de dessalement, décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune qui prévoit six stations de 300 000 m³/jour chacune à Skikda, Jijel, Tizi-Ouzou, Chlef, Mostaganem et Tlemcen, soit 1,8 million de m³ supplémentaires par jour, avec, à terme, l’approvisionnement de 18 wilayas. Dès juillet 2023, à Cap Djinet, le chef de l’Etat avait annoncé que la wilaya « aura sa part dans le programme de réalisation des stations de dessalement ». En février 2025, il avait fixé le cap avec « 5 ou 6 nouveaux projets de dessalement d’eau de mer » lancés en 2026, pour atteindre 62 % de couverture des besoins, hors nappes phréatiques.
Rappelons que les trois premières usines, à Tlemcen, Mostaganem et Chlef, sont en chantier depuis la signature de contrats confiés à des entreprises nationales, pour un délai de 22 mois et environ un milliard de dollars. Tizi-Ouzou, Jijel et Skikda suivent dans les phases ultérieures. Le programme précédent a déjà livré, en 2025, cinq méga-stations de 300 000 m³/jour (Cap Blanc, Fouka 2, Cap Djinet, Tighremt et Koudiet Draouch) pour 2,4 milliards de dollars. Le parc national produit ainsi environ 3,7 millions de m³/jour, soit 42 % de la consommation d’eau potable, avec un objectif de 5,6 millions de m³/jour en 2030. Mardi dernier, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a réuni ses équipes sur les réseaux de raccordement en aval, appelés à acheminer l’eau dessalée jusqu’à 250 km à l’intérieur du pays, en exigeant l’accélération des procédures et le respect des délais contractuels.
À l’échelle de la wilaya, la première brique est la station d’Iflissen, à Tamda Ouguemoune. D’une capacité de 60 000 m³/jour, sur quinze hectares, elle est destinée à onze communes de la façade nord. Attendue initialement pour la fin du premier trimestre 2026, elle serait, selon la presse, réalisée à quelque 92 %, sa mise en service dépendant encore d’un équipement soumis à procédure d’importation. Elle doit soulager les communes côtières, dont Tigzirt et Azeffoun, éprouvées par le stress hydrique, surtout l’été. La méga-usine changerait d’échelle et produirait cinq fois cette capacité. Reste à l’ADC de rendre son verdict, dont dépend désormais le coup d’envoi des travaux.
Malik Meziane

