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1,9 millions d’étudiants rejoignent les amphis aujourd’hui : Une rentrée sous le signe de l’IA et des métiers de demain

Près de 1,9 million d’étudiants reprendront le chemin des amphithéâtres mardi, à l’occasion de la rentrée universitaire 2026-2027, dont la cérémonie d’ouverture aura lieu à Jijel autour d’un cours inaugural consacré à l’intelligence artificielle et aux transformations numériques.  Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique affirme avoir mobilisé l’ensemble de ses moyens humains et matériels pour accueillir 1 884 839 étudiants, répartis entre les établissements universitaires et les centres de recherche. Parmi eux figurent 2 600 étudiants étrangers de 36 nationalités, accueillis dans le cadre du programme « Study in Algeria ». Cette rentrée s’inscrit dans la volonté de l’État de faire de l’université un moteur du développement national et un acteur à part entière de l’économie, conformément à la vision du président Abdelmadjid Tebboune, qui insiste depuis longtemps sur la nécessité pour l’Algérie de compter parmi les pays producteurs de savoir, capables de maîtriser et de développer les technologies plutôt que de se contenter de les importer. Invité lundi de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, le conseiller du ministre chargé de l’information numérique, Abdel Djebbar Daoudi, a assuré que les établissements étaient prêts sur le plan pédagogique comme sur celui des services. Il a rappelé que le seuil des deux millions d’étudiants était désormais tout proche et devrait être franchi d’ici un à deux ans au plus tard. L’université forme chaque année près de 392 000 étudiants, soit environ 400 000 diplômés toutes filières confondues, des cursus classiques aux écoles d’ingénieurs, en passant par les sciences médicales, vétérinaires et les écoles supérieures d’enseignants.

Le responsable a par ailleurs évoqué la première promotion du pôle scientifique et technologique, sortie cette année avec 157 diplômés qui ont tous décroché un emploi. « L’Algérie dispose aujourd’hui, à travers ce pôle, d’un véritable espace scientifique pour la formation des élites et d’un véritable phare pour le développement », a-t-il déclaré.

Sur le terrain du numérique, M. Daoudi a expliqué que « les applications de l’intelligence artificielle sont désormais présentes dans les différentes étapes des inscriptions universitaires, depuis les préinscriptions jusqu’aux inscriptions définitives », et que leur usage devrait s’étendre progressivement aux activités pédagogiques et à tous les cycles, de la licence au doctorat. Le secteur gère aujourd’hui 74 plateformes numériques destinées aux étudiants, enseignants, chercheurs et personnels, et applique pour la quatrième année consécutive la politique du « zéro papier ». Un modèle linguistique algérien, présenté comme « un modèle local similaire aux applications conversationnelles basées sur l’intelligence artificielle utilisées à travers le monde », a enregistré plus de deux millions d’interactions durant les deux semaines d’inscription, téléchargements sur mobile compris. Ces outils ont aussi servi à l’orientation des nouveaux bacheliers. Le conseiller du ministre y voit une étape décisive pour l’avenir professionnel de l’étudiant, susceptible de réduire les échecs en cours de cursus, et affirme que le taux de satisfaction a atteint 97 %, « le plus élevé enregistré depuis l’indépendance ».

L’offre de formation s’enrichit de treize spécialités liées aux métiers de demain, dont un cursus d’ingénieur d’État en intelligence artificielle, un master intégré en technologies quantiques, un master en interopérabilité des systèmes d’information et un autre en mécanique des systèmes spatiaux. M. Daoudi a précisé que cette notion ne concerne pas seulement les sciences et les technologies, mais aussi les lettres et les sciences humaines, citant la gestion des villes et parcs intelligents ou encore l’intelligence artificielle industrielle. En lien avec le ministère de la Santé, de nouvelles filières verront aussi le jour, parmi lesquelles une licence en santé et hygiène bucco-dentaire et des masters en conseil génétique, en intelligence artificielle médicale, en bioinformatique médicale et en addictologie, ainsi qu’un diplôme d’études supérieures spécialisées en médecine de précision. La rentrée met également en avant l’identité nationale, avec une formation en sciences de l’information et de la communication en langue amazighe, option audiovisuel, et la généralisation de l’enseignement de l’histoire de l’Algérie et de la citoyenneté et du patriotisme. Six nouvelles offres verront le jour dans le cadre de jumelages et de partenariats internationaux. Un master de journalisme d’agence sera lancé par l’Université d’Alger 3 en collaboration avec l’APS. Enfin, un parcours pédagogique personnalisé appuyé sur l’intelligence artificielle sera mis en place pour les étudiants, tandis qu’un modèle linguistique dédié aux enseignants les aidera à préparer leurs exercices et à évaluer les réponses.

Malik Meziane

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