Le Sahel au cœur des entretiens d’Attaf à l’ONU : Alger porte la voix d’une paix pensée par les Africains
En marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU, Ahmed Attaf a multiplié les entretiens avec le président de la Commission de l’UA, le patron des opérations de paix onusiennes et le président de l’Assemblée générale des Nations unies. Des entretiens qui se sont concentrés sur le Sahel et au cours desquels l’action de l’Algérie a été saluée.
Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a rencontré lundi à New York le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, qui a rendu hommage à l’engagement du président de la République Abdelmadjid Tebboune auprès des pays du Sahel, indique un communiqué du ministère. Les deux responsables sont convenus d’activer les mécanismes de l’organisation continentale pour bâtir des solutions africaines aux problèmes africains, à l’heure où le terrorisme et la criminalité transfrontalière se font plus menaçants. Selon le communiqué, l’entretien, tenu en marge de la 81e session de l’Assemblée générale, a passé en revue la situation sur le continent, avec un accent sur la région sahélo-saharienne, la Libye, le Sahara occidental, le Soudan et le Soudan du Sud. M. Youssouf a salué la sagesse du chef de l’Etat et mis en avant « l’esprit de solidarité » dont il fait preuve envers le Sahel, ainsi que les initiatives algériennes en direction des pays de la région, destinées à appuyer leurs efforts de développement et les démarches continentales pour la paix, la sécurité et la stabilité. M. Attaf a pour sa part insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des crises africaines et de rejeter toute ingérence extérieure dans les affaires du continent.
Le chef de la diplomatie algérienne s’est ensuite entretenu avec Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de paix. Les deux hommes ont échangé sur l’évolution de la situation au Sahel et sur le rôle que l’Algérie y joue pour soutenir la paix et la stabilité. Ils ont aussi abordé les difficultés des missions de maintien de la paix et les moyens d’en accroître l’efficacité, à la lumière de l’examen global en cours. Il a été question d’adapter ces opérations aux mutations actuelles afin qu’elles puissent remplir leurs mandats, à condition de leur garantir les ressources nécessaires.
M. Attaf a enfin rencontré le président de l’Assemblée générale, Khalilur Rahman, à qui il a présenté ses félicitations et réitéré le soutien de l’Algérie, dans un contexte marqué par des « campagnes sans précédent » contre le multilatéralisme, précise le communiqué. La rencontre a porté sur la coordination entre l’Assemblée et le Conseil économique et social, présidé par l’ambassadeur d’Algérie, Amar Bendjama, pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 tout en préservant les intérêts de tous les Etats membres, en particulier ceux du Sud. Le diplomate algérien a été élu à l’unanimité à la tête de ce conseil le 23 juillet, pour un mandat courant jusqu’en juillet 2027.
Arrivé dimanche à New York, mandaté par le président Tebboune, le ministre participe à une semaine de haut niveau dont le débat général se tient du 22 au 28 septembre, sous le signe de la restauration de la confiance envers l’Organisation.
Ces échanges prennent un relief particulier au regard de la situation sahélienne. Les événements confortent une position qu’Alger défend de longue date, celle que la solution aux crises actuelles ne peut être assise sur le tout sécuritaire, mais doit aussi prendre en considération la dimension du développement et de la prospérité économique. Alger plaide aussi pour des solutions africaines aux problèmes africains. L’Algérie, qui est un acteur historique de la stabilisation dans la région, s’est employée à ramener le dialogue.
Salim Amokrane

