Gazoduc transsaharien : L’Algérie et le Niger accélèrent la cadence
Le ministre nigérien du Pétrole Hamadou Tini a annoncé de nouveaux progrès dans la réalisation du gazoduc transsaharien, lors de son passage vendredi soir sur le plateau de l’émission « Point de Mire » de la chaîne AL24 NEWS. Le responsable nigérien a indiqué que le rapport final de l’étude actualisée, confiée à un bureau spécialisé, a été validé le 3 juillet dernier à Alger, et que le tronçon algérien du projet a été lancé dès le lendemain à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Côté nigérien, les équipes seront mobilisées début octobre pour finaliser le tracé et les études topographiques, avec l’objectif de tenir le même calendrier que l’Algérie. Le ministre a tenu à sortir ce chantier de sa seule dimension logistique. « Ce n’est pas un simple couloir, c’est une infrastructure stratégique », a-t-il affirmé, avant d’expliquer que Niamey n’envisage pas le gazoduc comme un simple tube destiné à exporter du gaz vers l’extérieur. Pour lui, l’enjeu consiste à faire de cet axe un levier pour développer la production électrique, l’industrie et l’ensemble de l’activité économique tout au long du tracé. « Nous réfléchissons déjà à ce que ce gaz permettra de développer le long du corridor, notamment la production d’électricité, et nous allons analyser les types de centrales et les sites adaptés pour les implanter, ainsi que les industries qui ont besoin d’énergie et les activités de transformation, y compris agricoles et la production d’engrais », a-t-il détaillé. Le Niger étudie par ailleurs d’autres projets d’infrastructures qu’il compte adosser à ce couloir, avec en ligne de mire l’ouverture d’un accès à la Méditerranée pour le Niger et le reste du Sahel.
Cette avancée sur le TSGP s’inscrit dans une coopération énergétique plus large entre Alger et Niamey, que le ministre a décrite comme dépassant largement le cadre d’une série de projets ponctuels. Il a salué la disponibilité du ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, à accompagner son pays dans le secteur des hydrocarbures, estimant que les deux capitales sont entrées dans une phase de mise en œuvre concrète, avec l’ambition de relier exploration, production, transformation, transport et formation des cadres.
D’autres accords attendus
Sur le volet exploration, le responsable nigérien est revenu sur le champ de Kafra, où quatre puits ont été lancés le 13 août 2026 par les Premiers ministres des deux pays et ont déjà atteint une profondeur de 700 mètres. Ces forages doivent répondre à quatre questions techniques, l’étendue réelle du gisement, les caractéristiques du pétrole découvert, les volumes exploitables sur le plan technique et économique, ainsi que les conditions d’un développement industriel du champ. Si ces caractéristiques venaient à se confirmer, le Niger envisagerait une valorisation locale, notamment à travers la production de bitume.
Le gisement de Bilma ouvre également des perspectives de coopération entre Sonatrach et son homologue nigérienne Sonidep, tandis que la raffinerie de Zinder, comparée à celle d’Adrar, doit bénéficier de l’appui algérien pour préparer sa quatrième grande opération de maintenance, prévue en 2027. Une délégation algérienne est attendue en octobre pour poursuivre les préparatifs.
Le ministre a insisté sur le fait que son pays ne cherche pas une expertise de passage mais un partenariat durable. « Le rôle que nous voulons pour l’Algérie est celui de partenaire stratégique, ainsi que de partenaire dans le renforcement des compétences », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que Niamey souhaite que chaque projet international, en particulier ceux menés avec Sonatrach, laisse en héritage des compétences, des infrastructures et des entreprises nigériennes capables de reprendre progressivement la main. Le Niger a aussi sollicité l’appui de Sonatrach sur le terrain commercial, pour renforcer sa capacité de négociation sur les contrats d’exportation de son brut, ainsi que sur la transformation à long terme, avec la production d’asphalte et le développement de la pétrochimie. D’autres accords entre les deux pays devraient être signés dans les prochains mois.
Amar Malki

