AG de l’ONU : La communauté internationale appelle à concrétiser la solution à deux États
Plusieurs dirigeants et hauts responsables intervenant devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies ont appelé, ces derniers jours, à accélérer la mise en œuvre de la solution à deux Etats et à garantir sans plus attendre l’établissement d’un Etat palestinien, dans un contexte marqué par la poursuite de la colonisation en Cisjordanie occupée et les retombées de près de trois années d’agression sioniste contre la bande de Ghaza. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé, samedi soir, devant l’Assemblée générale, que « le moment était venu » de garantir l’établissement de l’Etat palestinien, sur la base des résolutions et des cadres internationaux établis des Nations unies. Dans son discours, le chef de la diplomatie russe a mis en garde contre la dégradation rapide de la situation en Cisjordanie occupée, imputable selon lui à l’intensification des activités coloniales sionistes, et a critiqué le retard pris dans la mise en œuvre du plan de paix pour la bande de Ghaza, pourtant approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU. M. Lavrov a par ailleurs exprimé la disponibilité de son pays à « coopérer de manière constructive avec les différentes parties internationales afin de contribuer à la réalisation de la stabilité et de l’apaisement au Moyen-Orient ».
Dans la même enceinte et le même jour, le vice-président chinois, Han Zheng, a pour sa part appelé à ramener, « dans les plus brefs délais », la question palestinienne sur la voie juste, celle de la solution à deux Etats. Le responsable chinois a insisté sur l' »importance d’adhérer à une solution politique à la question palestinienne et de soutenir la voie qui mène à un règlement juste et global, garantissant les droits légitimes du peuple palestinien ». Pékin, a-t-il rappelé, soutient la création d’un Etat palestinien indépendant, fondé sur les frontières de 1967 et ayant El-Qods pour capitale, et rejette toute mesure susceptible de compromettre les fondements nécessaires à la mise en œuvre de cette solution. Han Zheng a précisé que ces positions s’inscrivent dans la continuité des assurances répétées de la Chine quant à la nécessité de relancer les perspectives d’une solution à deux Etats, « car il s’agit de la voie proposée pour résoudre le conflit ». Evoquant la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, ravagée par près de trois ans d’agression génocidaire sioniste, le vice-président chinois a indiqué que son pays « appelle à la fin des souffrances humanitaires » dans l’enclave palestinienne, soulignant la nécessité de « respecter le droit international, de protéger les civils et de permettre à l’aide humanitaire d’atteindre ceux qui en ont besoin ».
Ces prises de position font suite au discours prononcé jeudi par le président de l’Etat de Palestine, Mahmoud Abbas, intervenu par visioconférence depuis la Palestine à l’occasion de cette même session de l’Assemblée générale. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, M. Abbas a affirmé que les Palestiniens « ne quitteront pas leur patrie » et « ne permettront à personne » de décider de leur avenir à leur place. Le président palestinien a souligné que son peuple traverse « l’une des périodes les plus dangereuses de son histoire », précisant que la menace ne se limite plus à la remise en cause de la solution à deux Etats et à l’empêchement de la création d’un Etat palestinien, mais concerne désormais « la vie et l’existence même du peuple palestinien sur sa propre terre ».M. Abbas a appelé à une action internationale urgente pour permettre aux Palestiniens de rester sur leurs terres et exercer leur droit à l’autodétermination, ainsi qu’à l’application de la résolution 2334 du Conseil de sécurité exigeant l’arrêt des activités de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, y compris El-Qods-Est. Il a également mis en garde contre la mise en œuvre du projet de colonisation E1, destiné selon lui à séparer le nord et le sud de la Cisjordanie, à isoler El-Qods-Est de son environnement palestinien et à empêcher l’émergence d’un Etat palestinien territorialement continu. Le président palestinien a en outre dénoncé les attaques visant les lieux saints musulmans et chrétiens, avertissant qu’elles risquent de provoquer « un vaste conflit religieux dans la région et au-delà ». « Ni l’occupation militaire, ni la colonisation, ni l’annexion, ni le terrorisme des colons ne peuvent constituer une solution ou garantir une sécurité durable », a-t-il averti, avant de conclure : « Nous ne quitterons pas notre patrie, nous n’accepterons pas le déplacement forcé et nous ne permettrons à personne de décider de notre avenir à notre place », réaffirmant la volonté palestinienne de parvenir à une paix fondée sur le droit international, la liberté et l’indépendance.
Lyes Saïdi

