L’APPO défend un mix «réaliste» pour le continent : L’Afrique veut des partenaires, pas des tuteurs
Lors de la 14e édition du Salon et Conférence africain et méditerranéen de l’énergie et de l’hydrogène (NAPEC 2026), qui se tient à Oran, le secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, a plaidé lundi pour une nouvelle génération de partenariats énergétiques entre le continent et ses partenaires internationaux. Ces partenariats devraient reposer sur la création de valeur partagée, l’investissement, le transfert de connaissances et le développement des compétences. Ce que l’Afrique attend désormais de ses partenaires dépasse, selon lui, la simple logique du financement. Le continent veut des relations qui stimulent l’investissement, qui diffusent l’expertise et qui permettent de valoriser ses ressources sur son propre sol. M. Ghezali a pris soin de préciser que cette ambition «ne signifie pas s’éloigner des partenaires internationaux», l’Afrique ayant besoin de capitaux étrangers, de technologies et de compétences, qu’elle accueille favorablement. Abordant la transition énergétique, le responsable a mis en garde contre la tentation de transposer tel quel un modèle pensé pour des économies qui ne présentent ni le même niveau d’accès à l’énergie, ni les mêmes infrastructures, ni les mêmes capacités de financement et d’industrialisation. Il a défendu une approche laissant chaque pays africain avancer selon ses conditions, ses ressources et ses priorités de développement. L’APPO soutient dans ce cadre un mix énergétique diversifié, équilibré et réaliste, où le pétrole et le gaz conservent un rôle stratégique dans plusieurs pays membres. L’objectif, a-t-il insisté, n’est pas d’opposer les hydrocarbures aux énergies renouvelables, mais de valoriser l’ensemble des ressources disponibles de manière efficace, rationnelle et responsable, au service du développement économique et énergétique du continent.
Reste la question du financement, que l’orateur a placée au cœur de l’équation. Il a rappelé les atouts dont dispose l’Afrique, à savoir l’étendue de son marché, une population jeune, d’abondantes ressources naturelles et une demande énergétique en progression. Mais la transformation industrielle du continent exigera des investissements considérables, d’où son appel à un financement adapté aux réalités africaines, avec un rôle important à jouer pour les investisseurs et les institutions financières. Il a invité à renforcer les capacités financières africaines ainsi que les chaînes de valeur locales, afin de convertir davantage les richesses du continent en valeur ajoutée sur place et de consolider sa sécurité comme sa souveraineté énergétiques.
Amar Malki

