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France : La jeunesse reprend les blocages et promet de ne pas lâcher

Cinq semaines après le début de leur mouvement, lycéens et étudiants français ont de nouveau paralysé leurs établissements mardi. Selon l’Union étudiante, 90 % des universités étaient bloquées ou fermées. Le gouvernement relativise et le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, parle d’une « décrue » par rapport aux semaines précédentes, avec environ 200 lycées fermés. Les principales organisations de jeunesse réclament depuis plusieurs jours d’être reçues par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Faute de réponse, l’Union étudiante a lancé sur X : « Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher ». Dans la capitale, où plusieurs lycées et universités étaient bloqués dès avant l’aube, un appel à une seconde manifestation, non déclarée, circule en outre sur les réseaux sociaux. L’un des épicentres du mouvement se trouve à Saint-Denis, au nord de Paris. Devant le lycée Paul-Éluard, des élèves ont bloqué l’entrée sous le regard de policiers, une poubelle a brûlé, et la militante écologiste suédoise Greta Thunberg, 23 ans, a rejoint les manifestants. Une vingtaine d’avocats en robe noire y ont formé une « chaîne » pour « protéger les lycéens ». La mobilisation a en effet été marquée par des violences et par des critiques sur le comportement des forces de l’ordre à l’égard de manifestants mineurs. Un adolescent a eu une main arrachée, un autre a perdu un œil. À Bayonne, dans le sud-ouest, une dizaine de fourgons de CRS bouclaient dès l’aube le quartier du lycée Louis-de-Foix, un dispositif jugé « disproportionné » par deux lycéennes de 15 et 16 ans.

Né le 17 septembre en région parisienne, le mouvement s’est étendu à tout le pays. Ses revendications vont de plus de moyens pour les lycées à la rénovation de bâtiments délabrés, en passant par le remplacement des enseignants absents, l’allègement des emplois du temps et la suppression de la plateforme d’orientation Parcoursup. Pour cette cinquième journée d’action, l’Union syndicale des lycéens exige toujours l’abandon de Parcoursup, également réclamé par le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

« Faire converger toutes les colères »

Après avoir d’abord privilégié le maintien de l’ordre, le gouvernement a graduellement avancé des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes.

Sur le terrain, la détermination côtoie la fatigue. « On a conscience que le gouvernement attend les vacances, mais on ne lâchera pas tant qu’on n’a pas d’annonces », affirme Enki Falqui, 16 ans, dont le lycée de Montpellier était bloqué. D’autres échéances se profilent. La CGT, par la voix de sa secrétaire générale Sophie Binet, appelle à une journée de grève et de manifestation le 5 novembre pour « faire converger toutes les colères ». Le contexte pèse lourd, à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle avec la hausse des prix, débat sur des économies budgétaires qui touchent notamment les jeunes, comme les aides au logement, et finances publiques dégradées. Certains évoquent même, avec prudence, le spectre d’un retour des « Gilets jaunes ».

L.S.

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