Ligue arabe : Un cri d’alarme pour protéger un peuple palestinien face à l’occupation sioniste
La Ligue arabe a tenu mardi au Caire une session extraordinaire à la demande de l’État de Palestine, afin d’examiner les voies d’une protection internationale du peuple palestinien, alors que l’agression génocidaire sioniste se poursuit à Ghaza et que la terreur des colons s’aggrave en Cisjordanie occupée. Les travaux du Conseil, au niveau des représentants permanents, se sont ouverts sous la présidence de la Tunisie, qui dirige la 165e session. Y ont pris part le secrétaire général adjoint chargé de la Palestine et des territoires arabes occupés, Fayed Mustafa, et le chef de cabinet du secrétaire général, Sherif Kamel. La délégation palestinienne était conduite par l’ambassadeur Mohannad Al-Aklouk. La rencontre vise à définir des mécanismes de protection et à faire respecter le droit international ainsi que les résolutions relatives au statut juridique d’Al-Qods, fragilisé par l’ouverture d’ambassades dans la ville sainte par certains pays. Pour Fayed Mustafa, ce que vit le peuple palestinien n’a rien d’une suite d’incidents isolés. Il y voit une politique systématique qui cible l’homme palestinien, sa terre et son existence, avec pour objectifs le déplacement des communautés, l’extension de la colonisation, la modification de la réalité démographique et géographique et la ruine des chances d’une solution à deux États. Les attaques de colons armés, menées sous la protection des autorités d’occupation, trahissent selon lui un lien évident avec la politique du gouvernement israélien. Il a exhorté la communauté internationale à ne plus tolérer l’impunité et rappelé qu’on ne peut parler de volonté de paix tant que les terres sont accaparées. La paix, a-t-il ajouté, ne peut naître du fait accompli ni servir de paravent à la pérennisation de l’occupation.
Le responsable de la Ligue a aussi plaidé pour l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire, la protection des civils et le rejet de tout déplacement forcé des habitants de Ghaza ou d’amputation de son territoire. Il a réaffirmé que l’enclave fait partie intégrante du territoire palestinien occupé et que son avenir est indissociable de l’objectif d’un État indépendant et souverain, dans les frontières de 1967, avec Al-Qods Est pour capitale. Évoquant la Ville sainte, il a jugé extrêmement grave toute mesure visant à modifier son statut, et appelé à une position arabe claire et ferme, traduite en action politique et diplomatique coordonnée.
De son côté, l’ambassadeur Al-Aklouk a demandé à l’ONU et au Conseil de sécurité d’assurer cette protection, conformément au droit international, aux résolutions onusiennes, aux avis consultatifs de la Cour internationale de justice et à la Quatrième Convention de Genève. Il a invité les États arabes à appliquer les décisions des sommets concernant les pays qui transfèrent leur ambassade à Al-Qods, avec des mesures dissuasives sur les plans politique, diplomatique, économique et juridique. Dénonçant le génocide en cours à Ghaza et l’agression contre la Cisjordanie, il a affirmé que les Palestiniens œuvreront, aux côtés des peuples attachés au droit, à poursuivre l’occupant pour ses crimes.
Sur le terrain, la réalité donne raison à ces alertes. À l’ouverture de la saison de la cueillette des olives, les colons ont multiplié les agressions mardi. À Talfit, au sud de Naplouse, plusieurs membres d’une même famille ont été blessés par des colons déguisés en soldats. À Beit Lid, près de Tulkarem, deux femmes ont été rouées de coups en cueillant leurs olives. À Masafer Yatta, à Attara et à Yassouf, des récoltes ont été volées, tandis qu’à Beit Imrine, des agriculteurs ont été chassés de leurs terres sous la menace des armes.
R.I.

