Kahraba Expo 2026 : Sonelgaz se projette en « catalyseur » des entreprises algériennes en Afrique
Le groupe Sonelgaz entend mettre son expérience au service de l’ouverture des entreprises algériennes sur les marchés énergétiques régionaux, en Afrique notamment, a affirmé le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, mardi à Alger, à l’ouverture de « Kahraba Expo 2026 ». Le salon se tient au Palais des expositions des Pins maritimes jusqu’au 15 octobre. Dans l’allocution d’ouverture, lue en son nom par le directeur général par intérim de Sonelgaz, Nabil Kafi, le ministre a rappelé que le défi ne se résume plus à l’accès à l’énergie. « L’enjeu aujourd’hui ne se limite pas à la généralisation de l’accès à l’énergie, mais s’étend à la garantie de la continuité de l’approvisionnement, à l’amélioration de la qualité du service public et au développement de la fiabilité du système électrique », a-t-il souligné. Il a ajouté qu’il faut répondre à une demande en croissance continue pour pérenniser ces acquis. La cérémonie a été présidée par M. Kafi et par le président du Cluster industriel électrique d’Algérie (CIEL), Ahmed Tabache, en présence de cadres du secteur et d’ambassadeurs accrédités à Alger. Avec 75 exposants, le rendez-vous change de dimension : la première édition, en novembre 2025, en comptait une quarantaine. Pour M. Adjal, cette démarche répond aux orientations des hautes autorités visant à renforcer la coopération Sud-Sud et à élargir les partenariats avec les pays africains. Il a mis en avant l’ingénierie et l’expertise techniques de Sonelgaz, capables de proposer des solutions intégrées allant de l’étude à la réalisation, en passant par la maintenance, la formation et les services techniques. Deux références illustrent ce savoir-faire : une centrale électrique de 40 mégawatts au Niger et un projet de même capacité au Tchad, qui témoignent, selon le ministre, de la contribution des compétences algériennes au développement des infrastructures énergétiques des pays frères.
Dans cette stratégie, Sonelgaz-Internationale joue un rôle central. Elle explore les opportunités d’affaires, noue des partenariats et favorise les synergies entre entreprises publiques et privées, pour leur permettre d’aborder les marchés extérieurs de façon plus coordonnée. Le groupe veut ainsi devenir « un catalyseur pour l’accès des entreprises algériennes aux marchés énergétiques régionaux, en mettant à profit son expérience accumulée, son réseau de relations et ses partenariats », a affirmé le ministre. L’objectif dépasse, a-t-il précisé, la seule présence économique : il s’agit de diversifier l’économie nationale, de valoriser les compétences locales et de faire des entreprises algériennes des partenaires fiables.
Bornes, aubes de turbines et contrat américain
Sur le terrain, les premiers résultats se dessinent. Dans une déclaration à l’APS, le P-dg de la SAIEG, Youcef Defdaf, a annoncé l’expédition « fin octobre ou début novembre » de 250 bornes de recharge vers l’Italie. Cette opération s’inscrit dans des contrats portant sur 450 bornes, dont 200 ont déjà été livrées au Portugal. D’autres contrats d’exportation, portant sur des aubes de turbines à gaz, seront également concrétisés, tout comme un accord conclu avec une entreprise américaine pour 50 lots d’équipements électriques sur cinq ans, à raison de 10 lots par an. La SAIEG cherche en outre de nouveaux débouchés pour ses bornes et ses équipements, notamment en Afrique du Sud.
Reste le défi de la transition énergétique, que le ministre place parmi les principaux enjeux de la prochaine étape. Il s’agit de diversifier les sources de production, développer les énergies renouvelables et renforcer les capacités industrielles et technologiques nationales. Le salon sera aussi un lieu de débat, avec des conférences sur les réseaux à formation de réseau (grid forming), les micro-réseaux, l’efficacité énergétique dans l’éclairage urbain, la transformation numérique du secteur et la synchronisation des réseaux électriques.
Sabrina Aziouez

