Pouvoir d’achat : L’État débourse 2.414 milliards de dinars pour protéger le couffin
Le gouvernement compte consacrer 2.414,15 milliards de dinars, soit environ 18,5 milliards de dollars, aux transferts en faveur des personnes en 2027. Le ministre des Finances, Mohammed Lamine Lebbou, a dévoilé ces chiffres lundi devant la commission des finances et du budget de l’APN, à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances. Une enveloppe qui vise à amortir les effets de l’inflation et des incertitudes internationales sur le quotidien des ménages. L’essentiel de cet effort passe par le soutien aux produits de large consommation, doté de 717,7 milliards de dinars. Les céréales raflent la plus grosse part avec 355,84 milliards, loin devant l’eau dessalée qui reçoit 122,05 milliards. Le soutien au lait est fixé à 94,31 milliards, tandis que 120 milliards serviront à stabiliser les prix du sucre, de l’huile et du café vert. L’énergie complète le tableau avec 25,5 milliards de dinars. Les cinq postes réunis donnent bien le total annoncé.
Le texte ne se limite pas aux subventions directes. Les pouvoirs publics prévoient de maintenir jusqu’au 31 décembre 2029 plusieurs mesures fiscales destinées à garantir l’approvisionnement du marché et à freiner la flambée des prix. Elles concernent les viandes rouges et blanches, le café, l’huile alimentaire, les légumes secs, le riz, les œufs et les volailles, des produits pour lesquels le recours à l’importation reste nécessaire afin de compenser les insuffisances de l’offre locale. Côté emploi, le PLF réserve 368 milliards de dinars aux dispositifs d’insertion. Sur ce montant, 210 milliards iront à l’allocation chômage et 158 milliards à l’intégration des employés des collectivités locales. Le gouvernement annonce par ailleurs la création de 125.675 postes en 2027, dont 82.948 nouveaux. Une précision s’impose toutefois. Ces crédits globaux ne disent rien d’une éventuelle revalorisation du montant individuel de l’allocation, qui reste régi par la réglementation en vigueur et qui exigerait une décision distincte. Le logement occupe lui aussi une place de choix. Le projet de budget affecte 517,5 milliards de dinars aux aides à l’accès au logement. Le tableau annexe du texte, l’état B, inscrit pour sa part 520,877 milliards de crédits de paiement au programme « Logement », et 896,001 milliards pour l’ensemble du portefeuille du ministère de l’Habitat. Ces chiffres ne recouvrent pas forcément les mêmes dépenses et mieux vaut éviter de les additionner, d’autant que la poursuite du programme AADL 3 pèse déjà dans ces arbitrages. L’économie productive n’est pas oubliée. Le soutien à l’activité économique est évalué à 395,88 milliards de dinars, dont 80 milliards pour la bonification des taux d’intérêt et 50 milliards destinés aux entreprises publiques en difficulté. Le texte prévoit aussi une contribution de 100 milliards en faveur de Sonelgaz, 80,76 milliards pour le développement agricole et 30 milliards pour l’électrification et la distribution du gaz.
Le PLF 2027 prévoit des recettes budgétaires à 9.251,14 milliards de dinars, alors que l’article 3 fixe les crédits de paiement du budget général à 17.882,649 milliards, contre 17.251,608 milliards en autorisations d’engagement. Les dépenses de transfert, toutes catégories confondues, atteignent 4.415,35 milliards en crédits de paiement, un total bien supérieur aux seules aides aux personnes.
Samir Benisid

