Arkab prend part à la réunion de l’OPEP+ à Riyad : La flambée des coûts du transport maritime suscite l’inquiétude
À Riyad, en marge de la Semaine de l’énergie, les ministres de l’OPEP+ ont tiré la sonnette d’alarme sur la flambée des coûts de transport maritime. L’Algérie, représentée par Mohamed Arkab, réaffirme son attachement à la concertation pour préserver la stabilité du marché.
Les coûts du fret et de l’assurance dépassent désormais le tiers de la valeur des marchandises transportées. C’est le constat alarmant dressé lundi à Riyad par les ministres de l’OPEP+, lors d’une réunion consultative à laquelle a pris part le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, indique un communiqué du ministère. La rencontre s’est tenue en marge de la 17e réunion ministérielle du Forum international de l’énergie (IEF17) et du 25e Congrès mondial du pétrole et de l’énergie (WPC Energy), organisés dans le cadre de la Semaine de l’énergie, du 11 au 15 octobre. Elle donne suite aux recommandations de la 68e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), tenue le 4 octobre, et avait pour objet l’examen de l’évolution du marché pétrolier mondial et des répercussions des tensions maritimes et logistiques sur la sécurité des approvisionnements.
Le contexte donne à ce rendez-vous toute sa gravité. La réunion se tient dans un contexte particulier. Le marché reste sous tension depuis la guerre israélo-américaine déclenchée en février contre l’Iran, qui perturbe le détroit d’Ormuz. En septembre, l’avancée des Houthis du Yémen, qui ont pris le contrôle de zones proches du détroit de Bab el-Mandeb, a ajouté un second point de fragilité sur la mer Rouge. Les frappes visant l’Arabie saoudite se sont multipliées. L’aéroport de Riyad a été touché samedi, avec un bilan de 13 morts, et des installations d’Aramco ont été ciblées. Le Brent évolue, ces dernières semaines, autour de 100 dollars le baril, bien au-dessus de son niveau du début d’année.
Dans ce climat, les ministres ont souligné « l’extrême importance de garantir la sécurité des voies de navigation internationales », afin d’assurer « un flux régulier et ininterrompu des approvisionnements énergétiques ». Ils ont relevé que ces perturbations ont fait grimper les coûts de fret et d’assurance à des niveaux « inédits », ce qui retarde les livraisons de brut et de produits pétroliers et nourrit les pressions inflationnistes sur l’économie mondiale. Cette surchauffe se répercute sur toute la chaîne de valeur, alourdit les charges des pays producteurs comme des consommateurs et pèse sur la croissance.
Les participants ont par ailleurs réaffirmé leur engagement envers les décisions de la 41e réunion ministérielle du 7 juin 2026, destinées à instaurer et à préserver la stabilité du marché. La coordination se poursuivra par les mécanismes existants, à savoir le JMMC et les réunions ministérielles de l’OPEP et des pays non membres (ONOMM). Au terme des travaux, les ministres sont convenus de suivre de près l’évolution de la situation et de renforcer la concertation avec les gouvernements, les acteurs de l’industrie et des organisations comme l’IEF et l’Agence internationale de l’énergie, pour améliorer les conditions du transport maritime mondial.
Pour l’Algérie, membre du groupe des sept pays qui ont reconduit en octobre leurs niveaux de production de septembre, avec un quota fixé à 1,007 million de barils par jour, la participation de M. Arkab s’inscrit, selon le communiqué, dans l’engagement du pays à poursuivre « la coordination et le dialogue » au sein de l’OPEP+, en soutien aux efforts communs pour préserver la stabilité du marché et relever les défis qui pèsent sur les chaînes de transport énergétiques.
Samira Ghrib

