Automobile : General Motors s’intéresse au marché algérien
Le géant américain General Motors prospecte le marché algérien. Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a reçu, mardi à Alger, une délégation du constructeur conduite par Rohan Fernandes, président du conseil d’administration et directeur général de l’entreprise pour l’Égypte et l’Afrique. La rencontre visait à examiner les perspectives de coopération et les possibilités de partenariat dans l’industrie automobile. Les deux parties ont étudié, indique le communiqué du ministère, « les voies et moyens de développer la coopération de manière à soutenir le développement du tissu industriel national et à renforcer l’intégration locale », ainsi que les possibilités de « tirer parti de l’expertise de l’entreprise dans la construction automobile ». Les entretiens ont aussi porté sur la promotion de la production locale et de la sous-traitance, en vue de « soutenir la mise en place d’une industrie mécanique nationale intégrée, compétitive et durable ».
Cette prise de contact survient alors que la filière entre dans une phase de restructuration très concrète marquée par la volonté des pouvoirs publics de créer une filière industrielle automobile intégrée. Le cahier des charges de novembre 2022 exige un taux d’intégration de 40 % dans les cinq ans suivant l’ouverture de chaque usine. Un groupe de travail multisectoriel, installé par le Premier ministre, élabore un référentiel national pour calculer ce taux et fixer les avantages préférentiels des constructeurs. Le cadre de la loi 22-18 sur l’investissement fait de l’AAPI le guichet unique. Côté fournisseurs, une enveloppe de 300 milliards de dinars est annoncée pour les composants locaux, avec 6 500 techniciens à former et 120 PME à accompagner vers la certification IATF 16949.
Sur le terrain, Stellantis ouvre la voie. Fiat El Djazaïr annonce un taux d’intégration supérieur à 30 % depuis l’inauguration de l’usine GPI de Tissemsilt, le 24 septembre. Le constructeur table sur 90 000 véhicules produits cette année. Chery et Hyundai ont obtenu leur autorisation préalable. Hyundai affiche une capacité prévisionnelle de 50 000 unités par an, et Geely un investissement de 200 millions de dollars. Le malaisien Proton discute d’un assemblage à Oran, dans un marché estimé à près de 1,2 million de véhicules par an, et Opel a annoncé son intention de produire des moteurs en Algérie.
Samir Benisid

