Économie

Le gouverneur de la Banque d’Algérie au FMI : L’Algérie, un fournisseur fiable d’énergie à l’ombre de la crise

En marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, le Gouverneur de la Banque d’Algérie a assuré que les exportations algériennes d’hydrocarbures, indépendantes des corridors maritimes touchés par la guerre au Moyen-Orient, permettent au pays de répondre aux besoins de ses partenaires. Alger a aussi plaidé pour une gestion budgétaire prudente et des financements d’urgence plus souples.

L’Algérie souligne pouvoir garantir l’approvisionnement énergétique de ses partenaires, sans craindre les perturbations qui frappent les routes maritimes du Moyen-Orient. Le message a été porté, mercredi, par le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohand Bouraï, devant la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), lors d’une réunion avec les ministres des Finances, les gouverneurs de banques centrales et les responsables d’institutions financières régionales de la zone MENAP (Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan, Pakistan). « Notre production d’hydrocarbures et nos infrastructures d’exportation bénéficient d’une indépendance totale à l’égard des corridors maritimes touchés par la guerre », a fait valoir le Gouverneur de la BA. Un atout qui permet à l’Algérie de « répondre efficacement aux besoins d’approvisionnement » de ses clients et de « contribuer ainsi à atténuer les effets de la guerre sur leurs économies ».

L’intervenant a également rappelé et réaffirmé la solidarité de l’Algérie avec les pays frères et amis de la région, avant de qualifier la guerre de « choc d’une ampleur et d’une nature exceptionnelles » pour les économies de la zone. Ses effets, a-t-elle nuancé, varient d’un pays à l’autre. Certains exportateurs d’hydrocarbures peuvent tirer profit, à court terme, de la hausse des cours du pétrole et du gaz. D’autres, dont l’accès aux couloirs maritimes reste difficile, verront leurs recettes d’exportation reculer, un recul qu’il faut, a-t-elle insisté, « prendre en considération ». Les importateurs d’énergie seront, eux, touchés plus directement, par les pressions inflationnistes et l’alourdissement des besoins de soutien budgétaire. Plus largement, la crise pourrait peser sur la croissance régionale, voire mondiale, en frappant simultanément l’offre, la demande et la confiance.

Face à ce contexte, Alger recommande aux pays exportateurs d’énergie une gestion des finances publiques « prudente et contracyclique », afin que les gains temporaires ne soient pas traités « comme des ressources permanentes ». Les pays importateurs disposant d’une marge budgétaire peuvent, de leur côté, recourir à un soutien public ciblé pour contenir l’inflation sans fragiliser leurs équilibres. La situation est plus ardue pour ceux qui en sont dépourvus, ils doivent placer la stabilité macroéconomique en tête de leurs priorités et consacrer leurs ressources « exclusivement à la protection des catégories les plus vulnérables ». Le Gouverneur de la BA  a enfin interpellé le Fonds sur ses responsabilités. Celui-ci doit, selon lui, agir sur des axes prioritaires, à commencer par des mécanismes de financement d’urgence « d’une grande souplesse », afin d’alléger sans délai les tensions sur la balance des paiements dans les économies les plus touchées. Il lui est également demandé de renforcer son assistance en matière de politique fiscale, pour aider les États à mieux mobiliser leurs ressources internes et à restaurer la soutenabilité de leur dette publique.

Sabrina Aziouez

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