Grand Prix Assia Djebar : L’heure du verdict
Neuf romans, trois langues, trois couronnes. Le Grand Prix Assia Djebar du roman livre enfin son verdict.
Alger vivra jeudi l’un des grands moments de sa saison littéraire. Au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, la 8e édition du Grand Prix Assia Djebar du roman dévoilera ses lauréats, et neuf finalistes, répartis à parts égales entre l’arabe, le tamazight et le français, sauront enfin si leur nom ira rejoindre le palmarès.
Le jury, installé fin février par l’ANEP et élargi pour l’occasion, a dû trancher parmi 155 romans reçus, dont 79 en arabe, 63 en français et 13 en tamazight. Présidé par le poète et traducteur Miloud Hakim, le collège a retenu en arabe « A’rach Ed’dem » de Hocine Aalam, « Er’rafraf » de Sarah Mohamed Maariche et « Aam Ar-rehma » de Khier Chouar. En tamazight, la course oppose « D Asderfef » de Chabha Ben Gana, « Tighri n Tudert » de Siham Harikenchikh et « Aggus » de Farida Sahoui. En français, « Partout le même ciel » de Hajar Bali, « Aménorrhée » de Sarah Haidar et « Ce que la mort m’a pris de toi » de Hosni Kitouni complètent le tableau. Les jurés ont repéré un fil rouge qui court d’un livre à l’autre. Mémoire, histoire, mutations de la société, condition de la femme, cicatrices de la décennie noire et élans du cœur, avec une place de choix pour le roman historique. Autour du président, dix membres ont mené cette lecture au long cours, parmi lesquels les romancières Maïssa Bey et Leïla Hammoutène, le sociologue Mustapha Madi ou encore le président de l’Académie algérienne de la langue arabe, Cherif Meribai.
Créé en 2015 et organisé tous les deux ans par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité, le prix porte le nom de l’écrivaine et universitaire Assia Djebar (1936-2015). Il récompense le meilleur roman écrit en arabe, en tamazight et en français, publié par une maison d’édition algérienne entre le 14 avril 2024 et le 18 avril 2026, une période de dépôt que l’ANEP avait prolongée jusqu’au 18 mai pour ne laisser personne au bord de la route. La barre est haute puisque la précédente édition, en 2024, avait sacré Inaam Bayoud pour « Houaria », Hachemi Kerrache pour « 1954, Talalit n Usirem » et Abdelaziz Otmani pour « Sîn, la lune en miettes ».
La veille de la cérémonie, une journée d’étude sera consacrée mercredi à Assia Djebar et à son œuvre, comme pour rappeler que derrière le trophée se tient une voix qui continue de résonner. Jeudi soir, trois plumes repartiront avec la couronne.
Mohand Seghir

