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Prix plafonnés et spéculateurs dans le viseur : L’Exécutif sonne la riposte contre la vie chère

Après une nouvelle flambée des prix des produits agricoles, le Gouvernement a arrêté une série de mesures pour y remédier. Un plan qui prévoit la traque des spéculateurs, des prix encadrés pour la pomme de terre, un « couloir vert » pour les intrants et appui financier aux producteurs. La Chambre nationale d’agriculture en a détaillé le contenu mardi.

Le gouvernement tape du poing sur la table face à l’envolée des prix des fruits et légumes. Réunis le 1er octobre autour du Premier ministre, Sifi Ghrieb, les représentants des filières agricoles ont acté un train de mesures que la Chambre nationale d’agriculture (CNA) a rendu public mardi. L’objectif est affiché. Il s’agit de « protéger le pouvoir d’achat des citoyens » sans sacrifier l’agriculteur, maillon direct de la sécurité alimentaire. Le premier volet est répressif. L’Exécutif érige en doctrine la « tolérance zéro vis-à-vis des intermédiaires et des spéculateurs sur la nourriture du peuple ». Toutes les chaînes d’approvisionnement passeront au crible des services compétents, « de la ferme au consommateur ». Le stockage hors du cadre déclaré sera suivi à la loupe, et les opérateurs sont invités à écouler leurs réserves, notamment de pomme de terre et de poulet, pour détendre les cours.

Côté tarifs, le tubercule, au cœur des tensions, passe sous cadenas. Son prix est plafonné entre 60 et 70 DA le kilo au niveau de l’exploitation, et entre 80 et 90 DA en gros comme au détail. L’objectif est de casser la spirale haussière sur un produit de très large consommation.

Pour ne pas étouffer la production, le dispositif prévoit aussi un volet d’accompagnement. Un « couloir vert » sera ouvert au ministère de l’Agriculture, en coordination avec celui du Commerce extérieur, pour les intrants et moyens de production importés destinés aux filières végétales et animales, qui seront de surcroît dispensés d’enregistrement sur la plateforme numérique. Les agriculteurs échapperont aux taxes, le contrôle a posteriori après déclaration de la production est supprimé, et leurs dettes auprès de la Société algérienne de régulation des produits agricoles (SARPA) seront réglées sans délai. Les banques publiques ont, quant à elles, reçu instruction de financer toutes les filières, d’alléger les procédures et de réduire les délais d’examen des dossiers. Pour veiller à l’exécution, une cellule de veille et de suivi, associant les représentants des filières, se réunira au début de chaque mois. Elle sera placée sous la supervision du Premier ministre au niveau central et des walis à l’échelle locale. Elle s’appuiera sur une feuille de route attendue la semaine prochaine, élaborée sous la houlette du ministre de l’Agriculture avec les professionnels du secteur.

Sur le diagnostic, la CNA ne mâche pas ses mots. Les perturbations enregistrées, en particulier sur la pomme de terre, découlent selon elle d’« un déséquilibre dans les marges bénéficiaires au sein des chaînes d’approvisionnement et au grand nombre d’intermédiaires ». Une situation qui pénalise à la fois le producteur et le consommateur, d’où son appel à fixer une marge acceptable et à privilégier la vente directe, sur les marchés de gros ou dans les espaces dédiés. La Chambre promet de poursuivre la coordination avec le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, ainsi qu’avec les walis, dans une démarche destinée à « protéger l’agriculteur et son rôle central dans la stabilité de notre sécurité alimentaire ».

Chokri Hafed

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