Économie

Machines agricoles : Alger veut passer de l’achat aux projets conjoints avec l’Italie

Les importations algériennes de machines et d’équipements agricoles italiens sont passées de 34,43 millions de dollars en 2024 à 49,45 millions en 2025. Forte de cette progression, l’Algérie entend dépasser la simple logique client-fournisseur pour bâtir des projets de production communs avec les industriels transalpins. Le message a été porté lundi à Alger, lors d’un forum économique sur la mécanisation et la numérisation de l’agriculture. Organisé les 28 et 29 septembre par l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE) et FederUnacoma, il réunit treize entreprises italiennes et quelque 90 opérateurs algériens, avec des rencontres B2B au programme.

Pour le directeur de l’investissement agricole au ministère de l’Agriculture, Zahreddine Salhi, le pays mise sur l’accélération de la mécanisation afin de réduire les pertes post-récolte. Drones, télédétection, intelligence artificielle et irrigation économe en eau, notamment dans les grands périmètres du Sud, sont annoncés. Les défis restent importants. L’agriculture pèse environ 14 % du PIB, mais le rendement céréalier plafonne autour de 17 quintaux à l’hectare et la production nationale couvre quelque 73 % des besoins. La capacité de stockage, d’environ 4 millions de tonnes, doit atteindre 9 millions, avec 36 silos stratégiques attendus à partir du deuxième trimestre 2027. L’entreprise publique Agrodrive doit, de son côté, gérer un parc national de machines pour rendre la mécanisation accessible aux petites exploitations.

Le mégaprojet de Timimoun est présenté comme le modèle à suivre. Il associe le groupe italien BF Spa et le Fonds national d’investissement, dans le cadre d’un accord signé en juillet 2024. Il prévoit 420 millions d’euros investis, avec une participation italienne de 51 % et algérienne de 49 %. Il couvrira environ 36 000 hectares et comprendra des usines de transformation et des silos. Plus de 6 700 emplois sont attendus, dont plus de 1 560 directs.

L’ambassadrice d’Italie, Alessandra Schiavo, a estimé que « l’expérience et les technologies italiennes peuvent apporter une contribution concrète » à la transformation en cours. Elle attend de cette mission qu’elle « favorise le développement de partenariats industriels et les échanges de savoir-faire ». Fabio Ricci, de FederUnacoma, a évoqué le transfert de technologies et des solutions adaptées aux besoins algériens.

Cette dynamique s’inscrit dans des relations déjà denses. Les échanges ont atteint environ 14,9 milliards de dollars en 2025. L’Italie reste le premier client et le deuxième fournisseur de l’Algérie, mais les hydrocarbures représentent 96,7 % des exportations algériennes vers ce marché. Les responsables du commerce extérieur, dont Louisa Nesnes, misent sur la diversification. Timimoun pourrait bien en donner le ton.

A.M.

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